Jour­na­listes en Chine, des héros.

refletsdechine.comHeureu­se­ment pour certains jour­na­listes que la Chine n’est pas un pays sans défauts sinon on accu­se­rait encore ce pays d’être la cause du chômage en France. Cette caté­go­rie d’envoyés perma­nents et autres grandes plumes de la presse fran­çaise sont en effet visi­ble­ment inca­pables d’écrire autre chose que des critiques sur ce pays et doivent donc une partie de leur salaire au gouver­ne­ment chinois. Comme ils sont majo­ri­tai­re­ment libres et indé­pen­dants d’écrire tout ce qu’ils veulent, sous réserve de faire plai­sir à leur patron, l’information n’est pour eux qu’un acte secon­daire, privi­lé­giant tout ce qui peut rassu­rer l’opinion publique inquiète de l’évolution de ce pays.

Si je ne l’ai pas connu person­nel­le­ment, mon père m’a beau­coup racon­té ce qu’écrivaient et disaient certaines hautes person­na­li­tés, tant jour­na­lis­tiques que poli­tiques, juste avant la dernière guerre mondiale :
Les Alle­mands n’ont pas d’armée alors que nous avons l’une des meilleures au monde.
On connaît ce qu’il en est adve­nu.

L’histoire étant un perpé­tuel recom­men­ce­ment et les leçons du passé inutiles, on nous refait donc le coût de 39, avec une popu­la­tion chinoise en dessous de tout, face à un occi­dent « rigo­lard » et certain de sa supré­ma­tie.

Cet état de fait a donc donné nais­sance à une nouvelle race de jour­na­listes qui bien que s’étant expa­triée, sans doute à cause du fort taux de chômage dans la profes­sion, se voit contrainte de vivre un enfer quoti­dien dans un pays où à rien n’est à leur goût. En pleine dépres­sion, ils ne rencontrent que des personnes qui leur ressemblent et dont ils relatent les problèmes tout en géné­ra­li­sant un cas à celui d’une popu­la­tion. C’est ainsi que vous lirez : la Chine, les Chinois, alors qu’en fait il ne s’agit que d’un coin de chine et de quelques Chinois ; peu importe, car personne ne vient véri­fier et si par malheur quelqu’un venait à contre­dire ces propos, il sera facile de lui coller une étiquette telle que : pro-PCC, vendu au gouver­ne­ment Chinois, anti-Français et autres spéci­fi­ci­tés du genre. De plus, ces braves et coura­geux profes­sion­nels de l’information risquent quoti­dien­ne­ment leur vie dans ce pays dicta­to­rial où se bala­der dans une rue de Pékin équi­vaut à un exploit rele­vant de l’héroïsme en tant de guerre et ne sont donc pas criti­quables.
Cette grande famille des jour­na­listes « malheu­reux en Chine » a de plus tendance à s’agrandir, car la Chine étant à la mode et la demande assez consé­quente, cela suscite une vague de voca­tions où les petits nouveaux prennent comme modèle les ainés aguer­ris à toutes les turpi­tudes de ce beau métier qu’est l’information.


Imagi­nez un jour­na­liste du Monde ou du Figa­ro qui ramè­ne­rait un repor­tage où l’on verrait une famille d’agriculteurs en train de fêter la fin des travaux de leur nouvelle maison ou plus simple­ment la nais­sance de leur enfant ; imagi­nez un peu la tête que ferait son rédac­teur en chef :
« C’est quoi ce repor­tage, je t’ai dit d’aller en Chine et tu me ramènes un repor­tage sur le Japon ! »
« Mais Monsieur, c’est bien en Chine »
« Peut être, mais moi ce que je veux, c’est du sordide, du dissi­dent, du tortu­ré, toi tu me donnes du bonheur, même en France personne n’en veut ; tous les autres le font, fais comme eux, cherche ! »


Et c’est avec de tels agents de l’information, triés sur le volet, que dans quelques années on nous appren­dra que la Chine est passée première puis­sance écono­mique mondiale, que le PIB par habi­tant a été multi­plié par 100, que nous devons plus de 3000 milliards à la Chine et que depuis dix ans les Chinois ont un système de couver­ture sociale et de retraite bien supé­rieur au nôtre.
Ces mêmes infor­ma­teurs nous diront alors qu’on leur a caché la véri­té et que malgré leurs compé­tences profes­sion­nelles, ils n’avaient rien vu venir ; on les croi­ra en jurant un peu tard que l’on ne nous y repren­dra plus … Et l’on recom­men­ce­ra.