JO de Londres : les Chinois se foca­lisent sur l’aspect « People »

La presse chinoise étant prin­ci­pa­le­ment axée sur les réus­sites, ce contrai­re­ment au néga­ti­visme ambiant de ses homo­logues occi­den­taux, les JO de Londres sont le centre prin­ci­pal d’intérêt. Cette même presse devrait d’ailleurs rapi­de­ment lâcher quelque peu les athlètes chinois, les USA étant à présent en tête du clas­se­ment avec leurs repré­sen­tants eux au-dessus de tous soup­çons.

Côté popu­la­tion, l’intérêt se porte bien plus sur les « résul­tats secs » que sur le sport en tant que tel, culture de l’élite oblige. Les finales oppo­sant deux compé­ti­teurs chinois étant fréquentes, l’aspect amusant est le choix d’un favo­ri en fonc­tion de critères des plus subjec­tifs. Là encore on laisse de côté la valeur spor­tive intrin­sèque pour ne s’attacher qu’à celles touchant à l’apparence. Le physique, la taille du sourire, la capa­ci­té à s’exprimer devant les camé­ras de télé­vi­sion sont ainsi autant d’éléments déter­mi­nants.

C’est ainsi que la finale fémi­nine de tennis de table oppo­sant Ding Ning à Li Xiaoxia a été l’occasion de voir une partie des télé­spec­ta­teurs prendre fait et cause pour celle qui n’a pour­tant rempor­té que la médaille d’argent. Une faute d’arbitrage, une contes­ta­tion et des pleurs sont venus s’ajouter au « compor­te­ment guer­rier » d’une Li Xiaoxia hurlant de rage à chaque point gagné. Jugée exces­sive tant la presse que par les spec­ta­teurs du fait qu’il s’agissait d’un match entre compa­triotes, Li Xiaoxia a dû lais­ser sa place à sa rivale dans le cœur des Chinois. C’est ainsi qu’un jour­nal local du Guangxi a publié une longue inter­view de Ding Ning placée à côté d’une unique photo de la gagnante accom­pa­gnée du seul résul­tat.

La médaillée d’or pour­rait regret­ter à terme son compor­te­ment, les divers spon­sors risquant d’être atti­rés par l’image sympa­thique doré­na­vant collée à Ding Ning. Avant cette affaire, Liu Xiang avait lui aussi vu son image écor­née par un compor­te­ment jugé trop préten­tieux dont les inter­nautes n’ont pas manqué de se moquer après sa bles­sure lors des JO de Pékin. De son côté, Li Na semble faire machine arrière après plusieurs décla­ra­tions acides sur son pays en décla­rant son amour de la Chine devant les camé­ras de CCTV. Il est vrai que la gagnante de Roland Garros 2011 commence à prendre de l’âge et qu’il est temps pour elle de prépa­rer sa carrière extra spor­tive.

Si les Chinois se passionnent pour les Jo, c’est donc avant tout en se foca­li­sant sur les aspects « people », la person­na­li­té d’un athlète l’emportant souvent sur ses valeurs pure­ment spor­tives. Ces rencontres ayant pour fina­li­té paral­lèle d’être un stabi­li­sa­teur social à l’image du pain et des jeux sous l’Empire romain, le pouvoir poli­tique voit d’un bon œil ces prises de posi­tion popu­laires qui viennent s’ajouter au nombre de médailles obte­nues par les athlètes chinois.