Inuti­le de dissou­dre, c’est déjà fait ou comment trou­ver dix solu­tions

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La Fran­ce détient de longue date une place de choix dans le domai­ne de la tragi-comédie. En 2012 c’est le Bour­geois gentil­hom­me qui a rempla­cé Tartuf­fe au palais de l’Élysée, ce toujours dans la droi­te ligne des grands clas­si­ques fran­çais. Depuis l’élection de Mitter­rand en 1981, la majo­ri­té des Fran­çais ne vote plus pour mettre en place une nouvel­le poli­ti­que, mais pour chas­ser l’ancien loca­tai­re. C’est ainsi qu’après Giscard d’Estaing, Sarko­zy a lais­sé sa place au prési­dent alimen­té à l’ordinaire, non pas pour mettre en œuvre un program­me trans­mis depuis une cham­bre d’hôtel de New York, mais prépa­ré à la va-vite dans l’usine à voix du PS. Longue tradi­tion fran­çai­se puisqu’en 1789 la Révo­lu­tion a renver­sé un roi pour lais­ser sa place quel­ques années plus tard à un Empe­reur menant à la ruine écono­mi­que du pays.

Éniè­me épiso­de de cette mauvai­se série toujours très télé­vi­sée, la démis­sion présen­tée comme surpri­se du gouver­ne­ment de Manuel Valls, aussi­tôt rempla­cé à son poste par Valls Manuel. C’est aujourd’hui mardi 26 août 2014 que devraient être connus les membres de l’équipe recru­tée dans l’urgence et dans une atmo­sphè­re digne de celle qui régnait au temps de Lucrè­ce Borgia. À une époque très loin­tai­ne, on chan­geait l’équipe gouver­ne­men­ta­le pour enga­ger une autre poli­ti­que. Affai­blis­se­ment obli­ge, de nos jours le premier minis­tre n’a d’autre solu­tion que de « se démis­sion­ner » pour se débar­ras­ser de quel­ques sinis­tres minis­tres dissi­dents. Chan­ger de voitu­re pour la seule raison que le cendrier est plein et que le conduc­teur ne sait pas le vider, telle vient d’être l’action de génie d’un person­na­ge pour qui il est impor­tant de durer jusqu’en 2017 au nom de la seule ambi­tion person­nel­le.

Dans l’usine à casse­ro­les qu’est l’UMP, l’accélération de la déli­ques­cen­ce du pouvoir socia­lis­te n’est pas pour autant une bonne nouvel­le. L’absence d’un diri­geant met cette entre­pri­se spécia­li­sée dans les faus­ses factu­res dans une situa­tion déli­ca­te où les préten­dants au trône rasent les murs pour ne pas être poignar­dés dans le dos. Si quel­ques voix épar­ses se font enten­dre en deman­dant la disso­lu­tion de l’assemblée, les grands ténors font profil bas en n’étant pas prépa­rés à une telle éven­tua­li­té. Gauche ou droi­te, être dans l’opposition est en effet l’occasion de régler ses comp­tes en inter­ne. Réflé­chir à des propo­si­tions utiles à la popu­la­tion n’a en effet pas grand inté­rêt puis­que aucu­ne élec­tion proche ne leur lais­se espé­rer pouvoir pren­dre place sur le manè­ge poli­ti­que.

Que l’UMP se rassu­re, si une disso­lu­tion de l’assemblée est plus que prévi­si­ble, celle-ci n’interviendra pas avant 2015, le temps que le nouveau gouver­ne­ment fasse la preu­ve de son inadap­ta­tion à résou­dre les problè­mes des Fran­çais faute de les connaî­tre. On peut même se poser la ques­tion de l’utilité d’une disso­lu­tion, d’une part parce que le PS est en pério­de de fonte des neiges et d’autre part parce que rempla­cer la médio­cri­té actuel­le par l’incapacité notoi­re des reve­nants ne peut rien chan­ger.

Le Front Natio­nal ? Il est vrai que la Mari­ne deve­nue natio­na­le a appris à navi­guer en évitant les coups de gouver­nail dange­reux. Cet appren­tis­sa­ge s’est malgré tout fait en s’alimentant sur l’océan de déchets déver­sé par l’UMP et le PS, ce qui ne lais­se que peu d’espoir pour une vision nova­tri­ce. L’hydre à deux têtes UMPS n’étant qu’un seul corps, il y a très peu de chan­ces ou de risques de voir le Front Natio­nal accé­der au pouvoir. Plus de dépu­tés sans doute, mais dans le systè­me fran­çais les élus d’opposition ne sont là que pour donner le chan­ge avec pour contre­par­tie de géné­reu­ses rému­né­ra­tions.

Alors que faire ? Tout simple­ment ce que deman­de une majo­ri­té de Fran­çais, c’est-à-dire rien. Les bouchons consta­tés lors des départs en vacan­ces d’été vont se repro­dui­re pour celles d’hiver, les départs se faisant en chan­tant l’hymne deve­nu natio­nal « On verra demain ». Pour une bonne part, le peuple fran­çais est depuis long­temps figé, la colle étant compo­sée de ce qui est faus­se­ment nommé acquis sociaux, car en réali­té payée très cher, et par une vision de l’avenir limi­tée à soi-même et à son entou­ra­ge proche. Droi­te ou gauche, les élus passés et à venir convien­nent donc très bien à ceux pour qui la démo­cra­tie se limi­te à la maniè­re de se suici­der.