Inter­net en Chine : c’est lent et pas près de s’améliorer

internetEn 2005, la plupart des commerces de ce village étaient équi­pés d’un groupe élec­tro­gène. Cet équi­pe­ment était très loin d’être super­flu en prenant fréquem­ment le relais d’une distri­bu­tion défaillante. Ces coupures qui pouvaient durer une jour­née entière étaient dues au trop faible diamètre des câbles utili­sés en rapport d’une demande en forte hausse. Le réseau de distri­bu­tion s’est progres­si­ve­ment moder­ni­sé avec des câbles plus gros et de meilleure quali­té ainsi que grâce à des trans­for­ma­teurs en plus grand nombre. Il en est de même pour l’adduction d’eau qui long­temps à la traîne, a été entiè­re­ment revue pour faire face à la construc­tion de milliers de nouveaux loge­ments et donc de consommateurs.

Si ces deux éléments influant sur le confort quoti­dien ont atteint un niveau « normal », il en est tout autre­ment d’Internet qui semble avoir le plus grand mal à suivre la demande. Qu’il s’agisse d’ADSL fixe ou de liai­son mobile, les offres commer­ciales sont bien présentes, mais se révèlent souvent en dessous des attentes avec une vitesse bien moindre que celle annon­cée. Criti­qué dans l’ensemble du pays pour sa lenteur, Inter­net se révèle encore plus lent dans les zones rurales ou les petites agglo­mé­ra­tions. Même avec la mise en service de tron­çons de fibre optique, le char­ge­ment d’un site demande à certaines heures une patience à toute épreuve. Il y a bien sûr le « Great Wall » qui en filtrant les demandes de connexion ralen­tit d’autant les temps de réponse. L’impact de cette barrière est toute­fois moindre que par le passé avec une délo­ca­li­sa­tion dans les régions d’une partie des contrôles autre­fois effec­tués par le seul centre situé dans la capitale.

Les auto­ri­tés chinoises ne filtrant pas davan­tage les connexions prove­nant des zones excen­trées que celles des grandes villes, il faut cher­cher ailleurs les raisons de cette lenteur deve­nant par moment un véri­table cauche­mar. Un simple test au moyen d’un utili­taire dédié donne la réponse en affi­chant un débit réel large­ment infé­rieur à celui théo­rique. Une connexion Inter­net fonc­tionne sur la base de deux voies dont l’une est utili­sée pour les données montantes (upload) et l’autre pour celles descen­dantes (down­load). Avec des données reçues à « très petite vitesse », l’attente ne peut dès lors que s’allonger avec les risques de pertes de données obli­geant le navi­ga­teur à deman­der le renvoi complet du paquet précé­dent. Les données venant du site distant sont envoyées par paquets de plusieurs octets. Chaque paquet est véri­fié lors de sa récep­tion. Si l’analyse révèle un taux d’échec impor­tant, le système inter­rompt l’envoi distant en deman­dant la réex­pé­di­tion complète du dernier paquet. Les sites Inter­net chinois étant géné­ra­le­ment surchar­gés en publi­ci­té et anima­tions, le temps de char­ge­ment n’en est que plus long ce qui ne peut qu’augmenter le taux d’erreurs. 

internet2Si des lignes de mauvaise quali­té sont syno­nymes de lenteur pour la raison évoquée dans le para­graphe précé­dent, le nombre d’utilisateurs circu­lant sur cette auto­route qu’est Inter­net joue un rôle majeur. Compa­rable en de nombreux points au trafic routier, la toile connait ses heures de pointe et ses embou­teillages. Avec un parc de 600 millions d’internautes, absor­ber ce trafic dans de bonnes condi­tions demande de coûteuses infra­struc­tures. Comme pour les routes, les grandes agglo­mé­ra­tions parviennent tant bien que mal à donner une place à chaque inter­naute, mais il en est tout autre­ment pour les chemins de campagne moins fréquen­tés. Qu’il s’agisse de l’entretien ou de la construc­tion de nouvelles voies d’accès, leur déve­lop­pe­ment est étroi­te­ment lié aux budgets dispo­nibles. L’Internet chinois étant domi­né par les demandes de connexion prove­nant d’appareils mobiles, c’est ce secteur qui est jugé prio­ri­taire au détri­ment des utili­sa­teurs fixes. Cette clien­tèle étant par défi­ni­tion mouvante, les respon­sables locaux des télé­com­mu­ni­ca­tions hésitent avant de se lancer dans de coûteux inves­tis­se­ments dont l’utilité serait par moments dispro­por­tion­née à la demande.

Faute d’élargir les routes et d’en construire de nouvelles, les respon­sables tentent d’optimiser le réseau exis­tant en nettoyant le paysage des nids de fils tres­sés autour des poteaux et en enter­rant quelques kilo­mètres de fibre optique venant rempla­cer les liai­sons filaires. Dans les faits, cette moder­ni­sa­tion du réseau n’apporte que peu d’amélioration. Le nombre d’habitants étant en constante hausse dans les agglo­mé­ra­tions quelque en soit la taille, ce sont autant d’utilisateurs supplé­men­taires qui empruntent ces voies restau­rées. Dès lors, la Chine rede­vient commu­niste en répar­tis­sant sa bande passante sur une popu­la­tion qui comme ailleurs aime­rait rouler plus vite, mais au même prix qu’à l’époque des diligences.

À ce jour la seule solu­tion se résume à : « Il faut faire avec » en évitant de prendre la route au moment des vacances.

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