Ici on ne mélange pas le vrai avec la copie : tout est faux !

chineIl y a encore quelque temps les faux produits de toutes sortes étaient souvent dissé­mi­nés au milieu de marchan­dises elles origi­nales. Deux flacons de sham­pooing copiés dans un carton de 24 pièces ça passe inaper­çu, mais ne rapporte toute­fois pas grand-chose. Même contre­faits ces produits contiennent une base vague­ment semblable à l’original et les embal­lages doivent surtout ressem­bler le plus possible à l’original, ce qui a un coût rela­ti­ve­ment élevé. Faire passer de plus quelques-uns de ces faux produits en compa­gnie d’authentiques, risque d’attirer l’attention par les quelques diffé­rences lorsque ces marchan­dises sont compa­rées. Il est dès lors tentant de ne propo­ser à la vente que des faux qui par nature sont semblables.

C’est en faisant sans doute ces déduc­tions qu’un gros­siste de Nanning a eu l’idée de ne remplir son maga­sin que de copies, celles-ci allant de la lessive au denti­frice en passant par les recharges d’insecticides. Diffi­cile ensuite pour les commer­çants venus s’approvisionner de faire la diffé­rence entre vrai et faux puisque tout ce qui est dans l’entrepôt n’est que copie. Afin de ne pas risquer de rupture de stock, le gros­siste a en seule­ment 5 mois mis en place un réseau où chaque atelier produi­sait sa « spécia­li­té ». Même les trois impri­me­ries four­nis­sant les embal­lages d’une quali­té proche de l’original étaient la proprié­té du commer­çant, ce qui permet­tait tant de réduire les frais que les risques de révé­la­tions dange­reuses.

Malgré ces précau­tions, le gros­siste a vu il y a quelques jours arri­ver une dizaine de poli­ciers accom­pa­gnés de fonc­tion­naires du Minis­tère du Commerce. Une fois l’inspection termi­née, ce sont plus de 300 000 produits divers qui ont été saisis, le proprié­taire étant lui arrê­té pour inter­ro­ga­toire. En plus de la marchan­dise saisie, les fonc­tion­naires ont évalué à 400 000 le nombre de produits déjà vendus et qu’il va leur falloir récu­pé­rer du moins en partie.

chineSi les lessives ne repré­sentent en effet aucun danger si ce n’est pour le linge, il en est tout autre­ment des sham­pooings, denti­frices et autres produits d’hygiène. Certaines bases utili­sées pour la fabri­ca­tion de ces copies conte­nant des compo­sants dange­reux pour la santé, cela impose qu’ils soient reti­rés de la circu­la­tion. Les services du Commerce sont donc partis à la pêche de ces faux, ce qui deman­de­ra du temps malgré l’aide four­nie par les ordi­na­teurs du gros­siste indé­li­cat qui ont donné une partie des adresses des détaillants.

Le falsi­fi­ca­teur risque lui plusieurs années de prison ainsi qu’une amende propor­tion­nelle à la quan­ti­té de produits copiés, ce qui donne une idée de l’énormité de la somme qu’il ne pour­ra sûre­ment jamais payer.

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