Hori­zon 2020 : de profonds chan­ge­ments dans l’approche marke­ting

Même si la tâche est ardue du fait de la struc­ture rela­ti­ve­ment nouvelle de la socié­té chinoise « moderne », les respon­sables locaux du marke­ting tentent de se donner quelques pistes. Ce qui suit est direc­te­ment tiré d’une analyse publiée sur le site Sino-manager, une authen­tique réfé­rence en la matière n’ayant aucun point commun avec certains brico­lages de circons­tance.

En 2009, date du dernier rapport four­ni par Morgan Stan­ley, la Chine comp­tait 230 millions de cita­dins dispo­sant d’un reve­nu inter­mé­diaire, soit 37 % de la popu­la­tion urbaine. La hausse prévi­sible étant de l’ordre de 2 % par an, cette même popu­la­tion appro­che­ra les 50 % en 2020. Si cette nouvelle devrait à prio­ri assu­rer une stabi­li­té, voire une crois­sance des diverses acti­vi­tés écono­miques, elle a égale­ment de fortes chances d’être accom­pa­gné d’un chan­ge­ment majeur dans la manière de consom­mer.

Alors qu’une impor­tante partie des consom­ma­teurs chinois sont inex­pé­ri­men­tés, la nouvelle vague sera elle bien plus regar­dante tant sur la quali­té que sur les prix. Entre ceux formés dans le cadre de l’enseignement profes­sion­nel et ceux ayant effec­tué des séjours plus ou moi prolon­gés à l’étranger, c’est tant l’approche du client que les produits propo­sés qui vont devoir subir un profond lifting. C’est ce qui fait dire aux respon­sables du marke­ting chinois que l’avenir de la profes­sion sera certes plus ration­nel dans son approche et bien émotive, mais en contre­par­tie deman­de­ra une quali­fi­ca­tion bien supé­rieure de la part des acteurs du marché.

Cette « profes­sion­na­li­sa­tion » de la clien­tèle est égale­ment appe­lée à avoir un impact posi­tif sur cette acti­vi­té en plein déve­lop­pe­ment en Chine et qu’est la vente par corres­pon­dance. Exemple type de l’achat émotif, les nouveaux ache­teurs devrait permettre de nettoyer ce secteur, il est vrai encom­bré de socié­tés ou de personnes loin de respec­ter une quel­conque éthique. Certains domaines de l’industrie devraient en paral­lèle se voir obli­gés de s’adapter comme celui très porteur en Chine de l’habillement pour homme. Les trois grands créneaux actuels que sont les costumes d’affaires, les vête­ments décon­trac­tés et de sport vont devoir rapi­de­ment décli­nés en sous-catégories touchant de près chacune des deux autres.

Un des rares points d’inquiétude concerne la popu­la­tion nommée « 80 », ce en raison de la nais­sance de ses membres après cette année. Décrits comme des pares­seux aimant faire du shop­ping, mais sans se dépla­cer, ces 200 millions égale­ment de Chinois appe­lés aussi « famille QQ ». S’ils sont prêts à vendre un de leurs reins pour se payer un iPhone ou un sac Gucci, ils peuvent aussi bien vendre celui de leur voisin ou de leur petite amie. La manière dont va évoluer cette grande famille reste une incon­nue, en dehors bien sûr du fait que leurs membres vont vieillir.