Gu Kailai : perpé­tui­té, Wang Lijun : 15 ans, Bo Xilai : ?

Wang Lijun, ancien chef de la police et maire adjoint, vient d’être condam­né à 15 ans de prison pour détour­ne­ment de la loi à des fins person­nelles, défec­tion, abus de pouvoir et prise de pots-de-vin. Béné­fi­ciant de la loi sur le cumul des peines, il devrait sortir d’ici à une dizaine d’années où il pour­ra alors évoquer ses souve­nirs avec celle par qui tout est arri­vé. Vu l’amour de l’un et de l’autre pour les USA, cette réunion aura sans doute lieu en compa­gnie d’autres « dissi­dents » chinois tels qu’un avocat-comédien aveugle ou un artiste obsé­dé sexuel et frau­deur.

La ques­tion à se poser est de savoir si Bo Xilai assis­te­ra à cette rencontre entre « gens du même monde » puisqu’ayant pour point commun d’être très occi­den­ta­li­sée avec pour devises « Faites ce que je dis, mais ne dites pas ce que je fais ». Des trois mous­que­taires formant l’équipe de choc de Chong­qing, il ne reste plus que l’époux de Gu Kailai, présen­té par les seuls médias occi­den­taux comme ayant eu un possible avenir au plus haut niveau poli­tique.

Pour l’instant unique­ment sanc­tion­né par le parti, Bo Xilai s’est toute­fois vu mis en cause par son ex-bras droit, Wang Lijiun ne lais­sant planer que peu de doutes sur la connais­sance au moins partielle des déra­pages de Gu Kailai. Partant de là, une enquête judi­ciaire aurait toutes les raisons d’être déclen­chée, la seule barrière venant du fait que nous sommes en Chine. La justice et le pouvoir ne faisant qu’un, il y a en effet peu de risques que Bo Xilai soit inquié­té, la sanc­tion poli­tique et la condam­na­tion de son épouse étant dès lors consi­dé­rées comme suffi­santes. Dans quelques années tout ce très petit monde devrait donc émigrer vers le « pays de la liber­té », les arrières finan­ciers ayant depuis long­temps été assu­rés par « l’avocate de renom­mée inter­na­tio­nale », celle-ci ayant même donné la recette à ses compa­triotes au travers d’un livre « Comment réus­sir aux États-Unis »