Google se contredit-il sur l’optimisation ?

googlePour ceux qui ne le sauraient pas, tout respon­sa­ble d’un site ou blog dési­rant voir son conte­nu appa­raî­tre en bonne place sur le moteur de recher­che de Google doit répon­dre à plusieurs exigen­ces. Ces règles parfois floues en supplé­ment d’être complexes sont chan­gean­tes. Pour s’assurer de leur respect, Google a mis en place de complexes algo­rith­mes de filtres censés écar­ter tout contre­ve­nant. Des détour­ne­ments trop fréquents et visi­bles, et le blog ou site voit tout ou partie de ses pages dispa­rai­tre dans les profon­deurs des recher­ches.

Après le compa­ra­teur de prix Twen­ga qui a vu ses pages déclas­sées, c’est Buzzea qui a été contraint de mettre la clef sous la porte pour avoir enfreint les direc­ti­ves. Cette plate­for­me était spécia­li­sée dans les arti­cles spon­so­ri­sés et autres opti­mi­sa­tions. Ce dernier mot a chez Google une gran­de impor­tan­ce en étant décli­né en deux versions tota­le­ment oppo­sées.

La premiè­re concer­ne les webmas­ters qui se voient sanc­tion­nés en cas de sur-optimisation de leurs conte­nus. Il en est ainsi de mots-clés n’ayant qu’un rapport éloi­gné avec le conte­nu qui se voit d’autant plus sanc­tion­né si un lien inci­te les lecteurs à aller visi­ter un site exté­rieur. C’est cette prati­que qui a valu à Buzzea de subir les foudres de Google, les arti­cles spon­so­ri­sés étant consi­dé­rés comme une trom­pe­rie. Google nomme ses incar­ta­des « liens arti­fi­ciels » et sanc­tion­ne dure­ment tant les sites émet­teurs que ceux ciblés par ces renvois. Pour Google, le réfé­ren­ce­ment natu­rel doit le rester en le limi­tant aux « bonnes prati­ques » qu’il édic­te.

Une autre sur-optimisation concer­ne la publi­ci­té qui ne doit pas être enva­his­san­te. Cette règle est en prio­ri­té réser­vée aux petits et moyens sites, les médias tels que le Monde ou Le Figa­ro n’étant visi­ble­ment pas concer­nés. Si les mêmes contrain­tes étaient appli­quées, pas un arti­cle de ces médias ne devrait appa­raî­tre sur le moteur de recher­che, ce qui est très loin d’être le cas. Pour les plus ou moins sans-grades, Pingouin et Panda (noms donnés aux algo­rith­mes de contrô­le) sont là pour guillo­ti­ner les contre­ve­nants.

Passé ces consi­dé­ra­tions confir­mant le deux poids, deux mesu­res, Google est une socié­té commer­cia­le et fait par consé­quent ce qu’elle dési­re. Si vous n’êtes pas un spécia­lis­te du SEO (Sear­ch Engi­ne Opti­mi­za­tion) et consi­dé­rez que comme Google vous avez le droit de faire ce que vous voulez chez vous, rien ne vous inter­dit de déro­ger à cette règle­men­ta­tion. À vous ensui­te de trou­ver le moyen d’attirer les lecteurs et de les conser­ver. Ne respec­tant que très partiel­le­ment les consi­gnes avec ici et là quel­ques liens commer­ciaux venant en partie finan­cer les coûts de main­te­nan­ce, Google a fait son travail, ce qui ne m’a pas empê­ché de faire le mien. Il est certain que pour les blogs alimen­tés à plus de 60 % par Google et des visi­teurs ne reve­nant que rare­ment, il est préfé­ra­ble de respec­ter servi­le­ment les direc­ti­ves. Avec seule­ment 20 % de visi­tes venant de ce moteur de recher­ches, vivre sans s’enfermer dans les contrain­tes est pour moi aisé­ment envi­sa­gea­ble. Cela est d’autant plus vrai lors­que l’on privi­lé­gie les lecteurs par rapport aux visi­teurs passant à la vites­se de l’éclair.

Pour en reve­nir à la sur-optimisation, Google est donc réso­lu­ment contre, sauf une fois de plus lors­que cela concer­ne direc­te­ment la firme améri­cai­ne. D’après lepoint.fr, les servi­ces de Bercy seraient prêts à noti­fier à Google un redres­se­ment fiscal d’un montant d’1 milliard d’euros. La raison n’est pas sans faire souri­re puisqu’elle concer­ne la sur-optimisation fisca­le de ses reve­nus en Fran­ce. Décla­rés en Irlan­de, les reve­nus fran­çais de Google tran­si­tent pour une bonne partie vers les Pays-Bas avant de rejoin­dre la filia­le des Bermu­des. Si cela s’avère vrai, il ne s’agit pas de menson­ges limi­tés aux quel­ques euros asso­ciés à un lien commer­cial ou un arti­cle spon­so­ri­sé, mais de ce qui est nommé « pira­te­rie fisca­le ». Pour Google, cette sur-optimisation suppo­sée et le montant du redres­se­ment ne sont qu’une rumeur, le minis­tè­re des Finan­ces se proté­geant derriè­re le secret fiscal.

Google a-t-il réel­le­ment sur-optimisé sa comp­ta­bi­li­té, seul Google peut répon­dre au travers d’un arti­cle plus ou moins spon­so­ri­sé.

Ps : Avec le nom de Google main­tes fois cité, j’espère que cet arti­cle ne sera pas consi­dé­ré comme sur-optimisé !