France : mauvais élève et têtu.

JaponIl pour­rait être amusant, s’il ne s’agissait d’emplois, de compa­rer comment est trai­tée la ferme­ture d’une entre­prise fran­çaise suivant que cette ferme­ture est due à une délo­ca­li­sa­tion ou non.

La mise en liqui­da­tion de la Camif mais égale­ment les vagues de chômage tech­nique touchant de plus en plus d’entreprises hexa­go­nales semblent en effet nette­ment moins inté­res­ser les médias que la délo­ca­li­sa­tion d’une entre­prise, ce qui d’ailleurs dans bien des cas assure sa survie face à une concur­rence inter­na­tio­nale de plus en plus rude.

Il serait peut-être égale­ment temps de regar­der les choses en face et non, comme des enfants trop gâtés, repro­cher aux autres d’être la cause de ce marasme écono­mique. C’est ce que semble rela­ter ce rapport de l’institut IMD :

Plom­bée par sa fisca­li­té et ses charges sociales, une faible crois­sance et sa légis­la­tion du travail, la France n’émarge qu’à la 28e place du clas­se­ment de 55 pays du monde pour la compé­ti­ti­vi­té de son écono­mie, publié jeudi par l’institut suisse IMD.

S’il regagne deux places par rapport au clas­se­ment 2006, l’Hexagone se retrouve derrière la plupart de ses voisins euro­péens et juste après l’Inde, selon ce clas­se­ment établi sur la base de 323 critères variés (dont un tiers à partir d’une étude d’opinion auprès de chefs d’entreprises fran­çais et étran­gers).
La faible crois­sance fran­çaise de l’an dernier n’a pas aidé : le pays se retrouve ainsi à la 53e place du clas­se­ment, et son taux de chômage lui vaut la 43e place.
“Pour la première fois depuis que nous faisons ce clas­se­ment, aucun pays n’a été en réces­sion l’an dernier et la moyenne des 55 pays dépasse 5%”, observe Stéphane Garel­li, prin­ci­pal auteur du rapport. “Or la France est dans le pelo­ton de queue ”, derrière des pays euro­péens comme la Suède (4,4%) ou la Finlande (5,5%).
Si les Fran­çais ne s’en sortent pas trop mal pour leurs infra­struc­tures (18e rang) et la perfor­mance écono­mique (19e), ils tombent en revanche à la 42e place tant pour l’efficacité des entre­prises que pour celle de l’État.
En cause : la poli­tique budgé­taire, pour laquelle Paris arrive dernier de la liste (55e), comme pour le niveau des coti­sa­tions sociales des entre­pre­neurs. Les Fran­çais sont derniers égale­ment pour le nombre d’heures travaillées par an et pour “la flexi­bi­li­té et l’adaptabilité des gens confron­tés à de nouveaux défis ”.
Les rela­tions du travail sont à peine mieux notées (53e), de même que l’attitude géné­rale face à la mondia­li­sa­tion (54e).
“C’est ainsi que la France est perçue par les chefs d’entreprise”, relève M. Garel­li. “A entendre le nouveau président, je ne suis pas sûr que ce soit tota­le­ment faux”, ajoute-t-il, en réfé­rence aux attaques de Nico­las Sarko­zy contre l’Organisation mondiale du commerce (OMC) durant sa campagne.
A la ques­tion de savoir si les indem­ni­tés incitent les chômeurs à cher­cher du travail, la France est 53e, de même que pour la compré­hen­sion de la néces­si­té des réformes écono­miques et sociales.
Mauvaise note aussi en langues étran­gères (45e), en écono­mie (41e). La France se classe 20e pour son système éduca­tif.
Elle est sauvée par les flux d’investissement à l’étranger (1re) et les entrées d’investissements (3e).
Voici le clas­se­ment 2007 de la compé­ti­ti­vi­té des prin­ci­pales écono­mies de la planète selon l’institut suisse IMD et leur varia­tion par rapport à l’année précé­dente :

1 : États-Unis (=)

2 : Singa­pour (+ 1)

3 : Hong Kong (- 1)

4 : Luxem­bourg (+ 5)

5 : Dane­mark (=)

6 : Suisse (+ 2)

7 : Islande (- 3)

8 : Pays-Bas (+ 7)

9 : Suède (+ 5)

10 : Cana­da (- 3)

11 : Autriche (+ 2)

12 : Austra­lie (- 6)

13 : Norvège (- 1)

14 : Irlande (- 3)

15 : Chine (+ 3)

16 : Alle­magne (+ 9)

17 : Finlande (- 7)

18 : Taiwan (- 1)

19 : Nouvelle Zélande (+ 3)

20 : Royaume-Uni (=)

Parmi les autres grandes écono­mies :

24 : Japon (- 1

27 : Inde ( = )

28 : France (+ 2)

42 : Italie (+ 6)

43. Russie (+ 3)

48 : Turquie (- 5)

49 : Brésil (- 5)

50 : Afrique du Sud (- 12)

Voici donc ce qu’est réel­le­ment l’image donnée par la France et qui est loin des stéréo­types flat­teurs donné par certains analystes qui y voient un modèle écono­mique et social exem­plaire.

Si certains pensent encore que les autres pays vont attendre que la France amorce un train de profondes réformes, qui ne sont pour l’instant même pas au stade du projet, ils se trompent lour­de­ment, car l’économie de marché n’est pas une œuvre sociale, mais une compé­ti­tion où les pleur­ni­chards n’ont pas leur place.