France, Fran­çais : quelle signi­fi­ca­tion en 2012 ?

France, Français : quelle signification en 2012 ?Réin­tro­duire les cours de morale à l’école, telle est la dernière idée du « nouveau » gouver­ne­ment, ce seule­ment après quelques mois d’exercice. Les « respon­sables » précé­dents nous avaient en effet habi­tué à pondre cet œuf pour­tant déjà couvé en fin de mandat, soit quand il n’y a plus rien à promettre. Dans ce cas c’est au début que l’on a droit à cette initia­tive « des plus inno­vantes », à moins que les diri­geants actuels consi­dèrent être à la fin de quelque chose.

Il est vrai que la plupart des Fran­çais ayant le moral assez proche des chaus­settes, en redon­ner un aux enfants serait une bonne chose afin qu’ils puissent ensuite gran­dir avec un semblant d’espoir. Le problème majeur qui semble être incom­pris par le gouver­ne­ment actuel, comme de la part des précé­dents, est que la morale ne se décrète pas puisque fait partie d’un ensemble dont ne peuvent être exclus les parents. La première chose avant de mora­li­ser les plus jeunes serait donc de donner quelques leçons de prise de conscience à leurs géni­teurs.

Mettre au monde un enfant a beau être quelque chose de formi­dable, c’est avant sa nais­sance que les parents devraient s’assurer qu’ils sont capables d’assumer le « service après vente », la garan­tie devant être appor­tée à la socié­té étant de 18 ans, soit jusqu’à la majo­ri­té du bambin. Passé l’accouchement, le plus dur reste en effet à venir, ce qu’oublient certains au nom d’un certain laxisme ayant pour paravent une liber­té qui serait due. Le système scolaire n’a en effet jamais été conçu pour servir de doublons de père et de mère, mais pour appor­ter un savoir venant en étroite asso­cia­tion avec l’éducation dispen­sée par les parents.

Si les cours de morale et d’instruction civique ont il est vrai exis­té par le passé, ceux-ci étaient le plus souvent mis ensuite en appli­ca­tion avec le concours des membres de la famille, une jambe plus courte que l’autre ne pouvant donner qu’un résul­tat boiteux. Puisque les diri­geants natio­naux sont à la recherche d’idées pouvant redon­ner la notion de ce qu’est une nation, sans doute serait-il utile d’expliquer aux enfants la signi­fi­ca­tion des jours fériés commé­mo­rant les grands évène­ments, ce en dehors de ceux reli­gieux restant par défi­ni­tion du domaine du virtuel et donc inex­pli­cables. Quelques minutes au monu­ment aux morts seraient égale­ment une manière de donner un sens autre à ces jours, la situa­tion actuelle se résu­mant à une jour­née sans travail pour les parents et sans cours pour les élèves. Bien qu’étant conscient que cette mesure gêne­rait certains départs en vacances lorsqu’un de ces jours tombe en fin de semaine, les millions de Fran­çais morts pour la France valent bien quelques instants de perdus. Si l’opposition à une telle démarche venait à se montrer trop agres­sive, il serait dès lors honnête de suppri­mer les fausses justi­fi­ca­tions en affi­chant clai­re­ment qu’il s’agit de jours faisant partie des acquis sociaux sans autre préci­sion hypo­crite.

Une autre idée vient de la déduc­tion que j’ai faite de manière sans doute simpliste en voyant certains « suppor­ters » de clubs de foot siffler l’hymne natio­nal. Plutôt que de cher­cher des raisons vague­ment socio­cul­tu­relles à un tel compor­te­ment, je me suis dit que s’ils sifflent la Marseillaise, c’est tout simple­ment qu’ils n’en connaissent pas les paroles. Pour pallier à ce manque de culture quelques heures suffisent, cet appren­tis­sage pouvant être dispen­sé par les ensei­gnants ou mieux les parents, ce qui permet­trait de plus à certains d’entre eux de parfaire une connais­sance parfois limi­tée de l’hymne natio­nal.

Pour conclure, il faudra un jour que soit clai­re­ment défi­ni ce que signi­fie l’appartenance à la nation fran­çaise, le vague étant entre­te­nu depuis trop long­temps. À l’image des commé­mo­ra­tions dont le sens est souvent oublié, mettre enfin en appli­ca­tion les trois mots ornant le fron­ton des mairies serait une excel­lente occa­sion de redon­ner le moral à une popu­la­tion qui voit passer les diri­geants et leurs promesses d’égalitarisme. Passé le lende­main du second tour des légis­la­tives, au moins deux de ces trois mots que sont Liber­té, Égali­té, Frater­ni­té sont remis dans leurs boîtes par la géné­reuse nomi­na­tion des amis des élus, ce qui ne peut entre­te­nir pour le coup qu’une réelle immo­ra­li­té.