France et démo­cra­tie

refletsdechineEn France nous avons la chance de vivre dans une démo­cra­tie, litté­ra­le­ment c’est le pouvoir par le peuple mais bien enten­du il est impos­sible que chacun s’exprime direc­te­ment ; aussi devons nous passer par la repré­sen­ta­tion légis­la­tive. On élit donc tous les cinq ans un dépu­té qui nous repré­sen­te­ra ; si celui-ci n’est pas élu, on ne sera donc pas repré­sen­té.
Dans le cas où celui-ci est élu, encore faut il qu’il soit membre de la majo­ri­té car s’il a le malheur de se retrou­ver dans l’opposition, son rôle sera réduit à celui de simple obser­va­teur. La loi prévoit bien le droit pour l’opposition de propo­ser des amen­de­ments de lois mais encore faut il que celui-ci soit rete­nu et ensuite voté.
Hors sur les plus de 10 000 amen­de­ments propo­sés en 18 mois par l’opposition, aucun n’a été voté.
Donc soit nous avons l’opposition la plus stupide du monde, soit elle ne sert qu’à jouer les faire valoir d’un système ; il ne s’agit en tout cas pas d’un contre pouvoir puisque celle ci n’en a aucun.

A l’aide d’un calcul très simple, j’ai regar­dé les chiffres des élec­tions légis­la­tives de 2007 en prenant en compte le nombre de suffrages expri­més par rapport à celui des votants :
Suffrages expri­més : 60 %
Déjà, presque la moitié de la popu­la­tion ne se sent pas concer­né par la repré­sen­ta­ti­vi­té légis­la­tive.
Ensuite les dépu­tés qui vont prendre les déci­sions et voter les lois repré­sentent 60 % des élus, le reste étant relé­gué dans l’opposition.
Ce sont donc 349 personnes qui auront entre leurs mains l’avenir de 60 millions de personnes et qui auront été dési­gnés par 15 802 500 personnes soit 36 % des personnes en âge de s’exprimer ; et bien honnê­te­ment, ce n’est pas très repré­sen­ta­tif et il n’y a pas de quoi se donner en exemple.
On me dira que la poli­tique n’intéresse pas tout le monde, ce qui est vrai surtout quand on voit le peu de diffé­rence entre les programmes propo­sés : à croire qu’il n’existe qu’une façon de gouver­ner et que l’opposition est juste là pour faire façade démo­cra­tique.
Prenons donc une autre élec­tion, celle des prud’hommes qui est censé résoudre les litiges concer­nant le travail :
En 2008, 25,50 % des sala­riés et 31,16 % des employeurs ont voté ; donc là aussi, visi­ble­ment la popu­la­tion ne s’y inté­resse pas ou la repré­sen­ta­tion n’est pas à la hauteur des espé­rances.
Tout cela montre donc que les Fran­çais ne croient plus à la repré­sen­ta­ti­vi­té natio­nale ou du moins dans leurs repré­sen­tants. Cela se comprend en partie par l’omniprésence des déci­sions Euro­péennes qui prennent le pas sur celles prises par les instances natio­nales. Alors, être dépu­té Euro­péen est il plus impor­tant qu’être élu natio­nal ?
Et bien non, pas du tout car l’Europe est gouver­née par la commis­sion et non le parle­ment et cette commis­sion n’est pas élue mais dési­gnée par le conseil Euro­péen et ce sont 27 commis­saires qui seront en charge de l’Europe, pas très démo­cra­tique non plus.


Notre système est donc très loin d’être aussi repré­sen­ta­tif et démo­cra­tique que le pensent certains mais il permet à une certaine classe sociale de survivre grâce à celui-çi et il est donc de leur inté­rêt de nous faire croire que c’est le peuple qui est au pouvoir. Ce pouvoir, il risque de le reprendre un jour en descen­dant en masse dans la rue comme cela a été le cas par le passé car il sera très diffi­cile dans le contexte de crise actuelle de conti­nuer à fuir les respon­sa­bi­li­tés que les poli­tiques refusent d’assumer depuis des années, tout en étant rému­né­rés pour cela .