Fraises en décembre, calme dans les campagnes

campagneDans un précé­dent article, je vous faisais part de cette entre­prise produi­sant des cham­pi­gnons toute l’année. Si cette produc­tion a permis de créer des emplois, elle risquait toute­fois de priver les paysans locaux d’un reve­nu lié à l’exploitation des cham­pi­gnon­nières instal­lées dès la dernière récolte de riz effec­tuée. Les agri­cul­teurs concer­nés s’étant inquié­tés de cette situa­tion, plusieurs réunions ont eu lieu au cours des derniers mois afin de tenter de trou­ver une solu­tion à ce manque à gagner.

C’est avec l’aide d’ingénieurs agro­nomes que semble avoir été réso­lu ce problème, ceux-ci ayant déve­lop­pé une varié­té de fruits pouvant profi­ter des avan­tages d’un sol spéci­fique. En utili­sant la chaleur engran­gée durant les mois d’été dans un sol argi­leux et l’humidité liée à des champs dédiés à la culture du riz, les tech­ni­ciens ont mis au point une varié­té de fraises pouvant se déve­lop­per dans de telles conditions.

Les premières de ces fraises viennent de faire leur appa­ri­tion sur les marchés locaux et semblent tenir leurs promesses. Une des diffé­rences majeures avec les mêmes fruits commer­cia­li­sés au prin­temps est le fait qu’ils mûrissent de manière bien plus uniforme. Alors que les fraises produites en mars-avril sont « rougies » de manière plus ou moins arti­fi­cielle, celles-ci arborent une superbe couleur rouge sur la tota­li­té de leur surface et non sur la seule moitié supé­rieure. En ce qui concerne le goût, ce n’est pas celui d’une fraise des bois et le manque de soleil semble influer sur la teneur en sucre du fruit. Il faut toute­fois préci­ser qu’il s’agit là des premiers fruits récol­tés, les suivants devant être parve­nus à une meilleure maturité.

En ce qui concerne le prix, les 7 yuans pour 500 g appa­raissent raison­nables pour une vente au détail. Dans quelques semaines ce sont plusieurs tonnes de ces fruits qui quit­te­ront Hengxian pour aller alimen­ter les étals des détaillants du Guangxi, mais aussi des régions voisines telles que le Guang­dong. Pour les culti­va­teurs cette produc­tion vient rempla­cer en partie celle des cham­pi­gnons, le travail et les inves­tis­se­ments finan­ciers étant sensi­ble­ment les mêmes, la marge réali­sée étant elle légè­re­ment supé­rieure sous réserve que les cours se maintiennent.

Des paysans contents, des clients ravis, des respon­sables locaux débar­ras­sés du souci d’un éven­tuel conflit avec les premiers nommé, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes et il ne reste plus qu’à espé­rer que cela dure.