Faut pas toujours taper sur le même, sauf lorsqu’il aime ça

La ChineEh oui, j’en suis déso­lé, mais il s’agit encore du Figa­ro. Sans doute déçu de s’être lamen­ta­ble­ment « plan­té » lors de l’affaire d’espionnage chez Renault, c’est là dans le plus pur style « people » mode USA des années 60 que le média tente cette fois l’aventure avec :

« Gran­deur et déca­dence des « Kenne­dy chinois »

En quelques jours, l’avenir du couple le plus ambi­tieux et glamour de Chine a volé en éclats. »

Telle est l’entrée en matière de cet article qui n’est pas sans me faire penser à ces restau­rants où le meilleur est sur les photos agré­men­tant la carte des menus. Bien que navré pour Arnaud de La Grange pour qui j’ai un certain respect et dont le père était talen­tueux, il appa­rait évident que son dernier voyage orga­ni­sé à Chong­qing en compa­gnie d’autres jour­na­listes aussi « libres et indé­pen­dants » que lui a lais­sé assez de temps libre pour écrire quelques élucu­bra­tions qui seront distil­lées au fil du temps et des besoins.

Bien que n’ayant pas lu l’article complet puisque réser­vé aux abon­nés, ce qui ressemble à un Ici-Paris « figa­ro­ti­sé » montre jusqu’où un jour­na­liste est obli­gé de creu­ser pour trou­ver un lien entre Kenne­dy et ce que la Chine peut produire de pire. À moins d’accréditer la thèse comme quoi l’ancien président US aurait eu quelques liens avec la mafia, il est en effet diffi­cile de trou­ver le moindre point commun entre une famille des plus arri­vistes avec une Jackie aux yeux bien plus bridés que ses dépenses. Inutile de parler du fiston, type même du fils à papa nouveau riche qui au nom de l’enseignement reçu par des parents modèles donne l’exemple de ce qu’est la Chine de ce cercle où les amis sont triés en fonc­tion de leurs reve­nus plus ou moins opaques.

« Le couple le plus ambi­tieux de Chine » : là encore une appré­cia­tion très person­nelle, ne connais­sant pas pour ma part les époux les plus ambi­tieux de mon petit village. Le jour­na­liste semble connaître toute la Chine et tous ses habi­tants, ce qui devrait nous valoir d’excellents articles à venir. Sans doute Bo Xilai et sa famille étaient-ils connus des cercles d’initiés fréquen­tés par les classes sociales dorées où discutent certains sala­riés des médias, mais de là à écrire qu’il était natio­na­le­ment connu il y a une limite. Je suis même presque certain que notre DSK natio­nal est plus célèbre en Chine qu’un secré­taire géné­ral de Chong­qing qui même membre du Polit­bu­ro n’intéresse que très peu de Chinois.

Ce qui est par contre certain, c’est que même en dehors du Figa­ro, on ressent un courant de sympa­thie de la part des jour­na­listes pour cet homme qui il est vrai ressemble assez à ceux fabri­qués chez nous avec cette devise univer­selle « Faites ce que je dis, mais ne dites pas ce que je fais ». En fait Bo Xilai n’intéresse nulle­ment les médias occi­den­taux pour lui-même, mais parce qu’il peut être présen­té comme une victime du système chinois. C’est donc un nouveau portrait qui va s’ajouter dans la gale­rie des illustres média­ti­sés aux côtés du très améri­ca­ni­sé Dalaï-Lama et de son pendant artis­tique décla­ré égale­ment étoi­lé AI Wei Wei.

En ce qui concerne l’immense majo­ri­té de Chinois normaux : « Circu­lez, vous n’avez rien à faire dans nos colonnes réser­vées en France comme ailleurs à la bour­geoi­sie »

Après avoir véri­fié, je vous confirme que malgré les appa­rences cet article n’a pas été publié le 1 er avril.