En Chine, un village d’Indignés, du moins « vu » par Le Point

JournalismeTel est le titre d’un article du Point qui ne fait que confir­mer ce que l’on savait déjà soit la mode pour des pseudos-journalistes de vous rela­ter des faits par médias inter­po­sés en restant bien instal­lés dans un fauteuil hélas rare­ment éjec­table. Faute de matière c’est une suite de clichés qui sont déployés par ce que l’on nomme de nos jours jour­na­liste, copie non-chinoise de ce qui était autre­fois une profes­sion. Peu importe que la source habille à sa manière des faits du moment que le sens géné­ral va dans celui que suivent encore quelques « bovins » . Peut-être faut il cher­cher de ce côté la perte d’audience de cette presse qui se veut sérieuse, mais se limite à chan­ger un titre sur un article des plus vides. C’est ce que cet article prouve une fois de plus, celui-ci se répé­tant à l’infini dans les pages des moteurs de recherche dans des termes iden­tiques. Pour­quoi dès lors plusieurs médias puisque un seul suffit à défor­mer une véri­té souvent mécon­nue par le public, ce qui la rend plus facile à traves­tir.

Des faits des plus ordi­naires dans un pays où il est fréquent de s’opposer aux auto­ri­tés locales, surtout lorsque l’on est paysan, permettent ainsi à Armin Arefi de mettre en pratique ce qu’il a appris à l’école, le vécu devant attendre sans doute la fin des réveillons à venir. S’il connais­sait en effet un tant soit peu la Chine, même qu’au travers de Google, il saurait qu’une agglo­mé­ra­tion de 13 000 habi­tants ne consti­tue pas un village, mais tout juste un bourg ratta­ché à un autre plus important(Zhen, ici 250 000 habi­tants). Il saurait égale­ment que les raisons qui opposent les paysans de Ku An n’ont rien à avoir avec le gouver­ne­ment central ou un régime poli­tique quel­conque, mais celui des auto­ri­tés locales. Il est vrai que dans un pays où les maires, dépu­tés et autres « notables élus » sont tota­le­ment dépen­dants de Paris, ce parti­cu­la­risme chinois est diffi­ci­le­ment compré­hen­sible pour les personnes forma­tées par une idéo­lo­gie fina­le­ment assez proche dans ses effets de celle qu’elles critiquent.

Certes souvent moins longues, puisque celle-ci dure depuis des semaines, ces oppo­si­tions parfois violentes sont des faits courants suite à des expro­pria­tions où les paysans se consi­dèrent comme lésés. Sans être proprié­taires des terres du fait que celles-ci appar­tiennent à l’état, les paysans sont souvent les sources de détour­ne­ments de la part des cadres locaux. Ceux-ci devant four­nir un loge­ment, un travail, une scola­ri­sa­tion aux enfants en âge de l’être ainsi qu’une somme d’argent corres­pon­dante à quelques années de récolte, la négo­cia­tion se termine la plupart du temps par une tran­sac­tion à l’amiable entre les deux parties.

Dans le cas de ces habi­tants, et du fait qu’ils sont de nos jours au courant du prix des terrains, ils refusent les offres du gouver­ne­ment local en tentant de faire monter les prix. De là à parler d’indignés il n’y a qu’un pas que le jour­na­leux a allè­gre­ment fran­chi, suivant ainsi ce qui était écrit dans ces sources plus proches d’Ici-Paris que d’un média à voca­tion infor­ma­tive.

Pour ce qui est du millier de poli­ciers, cela ne fait pas beau­coup pour 13 000 habi­tants, surtout compa­ré à ce que l’on envoie en France contre des enfants, des paysans ou des « suppor­ters » du PSG.

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