En Chine, même les œufs sont parfois faux !

oeufsDepuis des siècles, les Chinois sont de grands consom­ma­teurs d’œufs sous toutes leurs formes. Bien évidem­ment de poule, mais aussi de canard et de caille, cet aliment de base est omni­pré­sent dans la cuisine chinoise. Si de nos jours les réfri­gé­ra­teurs conservent quelques jours la fraî­cheur de ce fragile aliment, il n’en a pas toujours été ainsi et il a bien fallu trou­ver des méthodes de conser­va­tion capables de conser­ver aux œufs le maxi­mum de leurs valeurs nutri­tives.

Du fait que c’est l’air qui altère les œufs en péné­trant dans leurs coquilles natu­rel­le­ment poreuses, les Chinois les ont proté­gés en les mettant soit sous la cendre, soit dans du thé parti­cu­liè­re­ment concen­tré, ce qui donne de plus une jolie couleur ambrée et un goût parti­cu­lier. Cette méthode a ainsi été perpé­tuée jusqu’à nos jours, certains œufs valant une petite fortune, car âgé de plusieurs dizaines d’années et même jusqu’à paraît-il un siècle.

La popu­la­tion s’est habi­tuée à manger ces œufs durs à de multiples occa­sions, ce qui explique que l’on en trouve partout, les Chinois ayant la répu­ta­tion de manger partout et surtout tout le temps. Les œufs prove­nant d’animaux d’élevage indus­triel ont ensuite progres­si­ve­ment rempla­cé ceux plus natu­rels, mais aussi plus chers d’autant plus que l’offre avait bien du mal à suivre la demande. Vendue dans les super­mar­chés, sous la forme d’un œuf à la coquille déjà brisée pour des raisons pratiques, la consom­ma­tion n’a cessé d’augmenter jusqu’en 2008 où il a été révé­lé que la majo­ri­té de ces produits n’avaient jamais vu une poule de leur vie.

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Parfai­te­ment imités, et ce, jusque dans les moindres détails esthé­tiques, ces œufs avaient un goût égale­ment simi­laire aux origi­naux, tout en n’étant compo­sé que de produits chimiques ou de déri­vés. Cette annonce a fait l’effet d’une bombe auprès de la popu­la­tion, et la consom­ma­tion a chuté de plus de 75 %. Si les grandes surfaces tentent aujourd’hui de rassu­rer les clients en mettant en avant l’origine de ces œufs durs, le cœur n’y est visi­ble­ment plus. Même les marchands de rues qui vendent des œufs sans doute bien réels n’ont plus les faveurs des adoles­cents qui autre­fois dévo­raient goulû­ment un œuf dès la sortie de l’école.

Si des sanc­tions judi­ciaires et des arrê­tés de ferme­ture ont été pronon­cés à l’encontre des respon­sables des œufs falsi­fiés, la clien­tèle est encore très réti­cente à tenter l’aventure, alors que la consom­ma­tion d’œufs durs était une spéci­fi­ci­té chinoise, du moins à cette échelle de quan­ti­té.