En Chine, Google pour­suit son chemin de croix

ChinoisLe martyr Google va pouvoir aller se rhabiller avec ses frusques huma­nistes de circons­tance. En promul­guant un règle­ment inter­di­sant aux entre­prises étran­gères de four­nir des services de carto­gra­phie, c’est bien évidem­ment Google­Map qui est visé. S’agit-il d’une réponse de la part des auto­ri­tés chinoises aux allé­ga­tions de pira­tage d’un certain nombre de comptes en Corée du Sud ou Google connaissait-il cette déci­sion datant du 27 avril ?

Sans doute les deux camps ont-ils leur part de respon­sa­bi­li­té. Ce règle­ment prévoit en effet que seules les joint-ventures à capi­taux étran­gers mino­ri­taires peuvent propo­ser ces services, ce qui donne le choix à Google de s’associer avec un acteur local, soit de suspendre Google­Map en Chine. Pour le moteur de recherche US, s’associer en n’étant qu’un appor­teur de fonds sans pouvoir déci­sion­nel revien­drait à perdre une bataille et en partie la face. Se reti­rer de ce marché ouvri­rait par contre la voie pour son concur­rent Tianditu.cn, ce qui justi­fie égale­ment la pres­sion mise sur Google. Une asso­cia­tion des deux four­nis­seurs serait par contre une excel­lente affaire pour l’acteur local, le niveau de quali­té de ses cartes étant bien infé­rieur à celui de Google­Map.

C’est d’ailleurs sûre­ment en pensant à cela que les auto­ri­tés chinoises ont pondu ce règle­ment dont l’esprit traî­nait depuis plusieurs mois dans les couloirs de certains minis­tères chinois. Ce qui reste certain est que Google n’est pas en odeur de sain­te­té auprès des diri­geants chinois, ceux-ci ne perdant aucune occa­sion pour lui faire sentir.

Que va faire Google ? Sans doute rien, histoire d’entretenir son image de Cali­mé­ro et de faire porter toute la respon­sa­bi­li­té sur le régime chinois, ce qui ne fera qu’amplifier les oppo­si­tions.