En Chine des millions de briquets se fabriquent au coin du feu

machine350 millions de fumeurs repré­sentent une quan­ti­té phéno­mé­nale de ciga­rettes, mais aussi de briquets. Si une partie de ces acces­soires sont fabri­qués par des usines spécia­li­sées respec­tant des normes déjà souvent mini­males en termes de sécu­ri­té, existe égale­ment une source d’alimentation paral­lèle. Ce sont en effet des centaines d’entreprises très indi­vi­duelles qui assemblent les diverses pièces deve­nant ensuite des briquets.

Prove­nant d’usines trou­vant là une main-d’œuvre encore moins chère, les divers éléments sont assem­blés par des parti­cu­liers qui trouvent dans ce travail de quoi gagner quelques yuans supplé­men­taires. Une autre origine qui tend à se déve­lop­per à coup de publi­ci­té est une version modi­fiée de la vente pyra­mi­dale. Au sommet de l’édifice, une entre­prise plus ou moins léga­le­ment décla­rée qui au travers de spots publi­ci­taires télé­vi­sés propose à ses futurs clients de faire fortune. Une fois le contrat signé et la somme récla­mée versée, le « nouvel indus­triel » se voit remis son premier stock de pièces déta­chées et les divers appa­reils permet­tant d’assembler les briquets. Pour le fran­chi­seur une partie du béné­fice et d’ores et déjà réali­sé par la vente de ces produits de bases et du maté­riel, les prix en étant large­ment majo­rés au nom de la pseu­do­for­ma­tion et de l’engagement à ache­ter la future produc­tion.

L’importance des béné­fices réali­sés sur l’assemblage des briquets étant inti­me­ment liée à la quan­ti­té, le nouvel entre­pre­neur recrute un maxi­mum de person­nel tant au sein de sa famille que d’amis ou de simples connais­sances. Pas plus que le respon­sable de ce réseau deve­nant une véri­table toile d’araignée, le person­nel ainsi employé n’est soumis à la moindre décla­ra­tion offi­cielle. Les briquets sont pério­di­que­ment récol­tés au domi­cile des personnes qui en atten­dant de toucher leurs quelques yuans reçoivent un nouveau stock de pièces à assem­bler.

machineUtili­sés soit à des fins d’objets publi­ci­taires ou vendus plus ou moins sous le manteau aux bura­listes locaux, ces briquets ne brillent que rare­ment par leur quali­té en n’étant soumis à aucun contrôle de quali­té digne de ce nom. Comme toujours dans ce genre d’activités pyra­mi­dales, seul le sommet s’engraisse tant par la vente du concept que par celle de millions de briquets ainsi fabri­qués. Débar­ras­sées des contraintes liées à la sécu­ri­té et à un mini­mum de quali­té, mais aussi aux taxes norma­le­ment dues, ces entre­prises se multi­plient et avec elles les risques d’accident. Chaque assem­bleur sous-traité se voit en effet confié une machine qui a pour fonc­tion de remplir les réser­voirs, ce qui fait de nombreuses habi­ta­tions de véri­tables bombes. Il faut ajou­ter les fuites de gaz qui dans des lieux peu ou pas venti­lés provoquent de nombreux acci­dents chez les personnes ainsi expo­sées à ces inha­la­tions.

Que font les auto­ri­tés locales face à ce danger poten­tiel ? Rien, ce sans doute au nom de « l’harmonie sociale » qui permet à ces « mini-patrons » et à leur person­nel de d’accroître leurs reve­nus. Si la fabri­ca­tion clan­des­tine de pétards est bien plus enca­drée suite aux nombreux acci­dents mortels ayant coûté la vie à des dizaines d’enfants, il faudra sans doute attendre une série d’accidents du même genre pour qu’une réac­tion soit envi­sa­gée. De la même manière que certains respon­sables locaux se sont aper­çus du danger de certains trans­ports scolaires après l’accident du Gansu, ce n’est qu’une fois un certain nombre de personnes décé­dées que seront prises de grandes mesures concré­ti­sées lors d’une de ces céré­mo­nies que la Chine a encore le secret.