En 2030, la popu­la­tion chinoise sera majo­ri­tai­re­ment urbaine

36 % aujourd’hui, 50 % en 2015 pour atteindre près de 80 % en 2030, telles sont les prévi­sions en ce qui concerne la popu­la­tion urbaine en Chine, tirée d’une étude comman­dée par le gouver­ne­ment fran­çais à plusieurs experts en la matière. Avant d’aller plus loin dans le déve­lop­pe­ment de ces données, il est utile de rappe­ler ce qui défi­nit cette popu­la­tion urbaine :

  • Un grou­pe­ment d’habitations compact (dans lequel aucune habi­ta­tion n’est distante des autres de plus de 200 mètres).
  • Ce grou­pe­ment compte dans tous les cas au moins 10 000 habi­tants
  • Ou un nombre compris entre 2 000 et 10 000 à la condi­tion que l’effectif vivant de l’agriculture ne dépasse pas les 25 %

Le PIB par habi­tant serait, toujours d’après ces prévi­sions au rendez-vous des années 2050, avoi­si­nant celui de pays comme la France ou le Japon en 2000.

PopulationCette urba­ni­sa­tion massive, dont les prémices sont déjà visibles, n’est pas sans poser de problème, car s’il est rela­ti­ve­ment aisé de se dépla­cer dans un espace assez impor­tant, la vie cita­dine impose des infra­struc­tures de trans­port parti­cu­liè­re­ment effi­caces, mais égale­ment coûteuses. Si de nombreuses lignes de métro vont appa­raître au fil des années, ce sont égale­ment des dizaines voire des centaines d’aéroports qui devront être construits pour relier ces villes dont une bonne partie seront nouvelles, ou du moins auront absor­bé le cœur qui aura servi à sa base de déve­lop­pe­ment.

L’augmentation des véhi­cules moto­ri­sés et parti­cu­liè­re­ment des voitures parti­cu­lières risque d’être égale­ment un défi auquel seront confron­tés les respon­sables, devant régler tant les problèmes de circu­la­tion que la pollu­tion liée à l’utilisation massive de ces moyens de dépla­ce­ment. Dans ce secteur de l’automobile, les prévi­sions font d’ores et déjà appa­raître que la Chine consom­me­ra dans les quelques années à venir la moitié du carbu­rant mondial, contri­buant ainsi à une notable augmen­ta­tion des prix.

Un autre fait marquant de cette étude est la baisse signi­fi­ca­tive du nombre d’agriculteurs, ceux-ci passant de 40 à 20 % de la popu­la­tion, ce qui aurait pour effet non pas que les Chinois deviennent tous riches, mais qu’une grande majo­ri­té sorte de cet état de pauvre­té à laquelle la classe paysanne est confron­tée par endroits. Meilleure produc­ti­vi­té, et de fait plus grande renta­bi­li­té devraient donner aux 20 % de paysans restants de quoi vivre décem­ment, ce taux restant large­ment suffi­sant pour alimen­ter la popu­la­tion cita­dine ; à titre de compa­rai­son, la France ne compte plus que 4 % d’agriculteurs soit une forte baisse depuis les années 45, ce qui n’empêche pas de subve­nir aux besoins alimen­taires de la popu­la­tion. Là égale­ment, les respon­sables devront veiller à ce que l’amélioration de la produc­ti­vi­té, liée en partie à une meilleure méca­ni­sa­tion, mais égale­ment à l’utilisation tant de semences plus perfor­mantes, ne soit pas la cause d’une alté­ra­tion des terres, accen­tuant ainsi une stéri­li­sa­tion des terres, phéno­mène déjà consta­té par endroits.

Autre souci à venir, celui de faire vivre ensemble des personnes issues d’horizons sociaux diffé­rents, le nombre de paysans venant vivre en ville devant se faire de manière à absor­ber les diffé­rences cultu­relles, sans pour cela élimi­ner toutes ces spéci­fi­ci­tés qui font une partie de la force de ce pays. C’est sans doute là que se révé­le­ra la plus grande diffi­cul­té, le reste n’étant que des adap­ta­tions tech­niques liées aux recettes que ces villes vont voir augmen­ter dans le même temps que leurs popu­la­tions. La crimi­na­li­té, ou du moins la petite délin­quance, qui a déjà tendance à s’amplifier actuel­le­ment, devra être combat­tue, mais pour cela il faudra que les forces de police soient autre­ment plus présentes qu’elles le sont aujourd’hui, du moins de manières plus constantes que les chro­niques pous­sées sécu­ri­taires dont les effets retombent aussi­tôt les camé­ras remi­sées dans leurs sacs.

Même si les quarante années qui nous séparent de ce stade de l’évolution de ce pays peuvent paraître loin­taines, ce chan­ge­ment a déjà commen­cé depuis des années et n’est que la pour­suite de ce qui devrait faire de la Chine un pays moderne, ayant gommé une grande partie des inéga­li­tés sociales, c’est du moins ce qui est à souhai­ter.