e-G8 : « la girouet­ti­sa­tion » de l’Internet vu par N.S

ChinoisSi nous fran­çais avons un avan­tage déter­mi­nant, il se situe sans aucun doute en la personne de notre président. Il est en effet un des rares person­nages poli­tiques à n’avoir jamais tort, ce qui est assez rare pour être rele­vé. Pour se faire, Nico­las Sarko­zy emploie une tech­nique qui bien que simpliste, n’en est pas moins effi­cace. Celle-ci consiste en effet dans une même décla­ra­tion à dire une chose et son contraire, ce qui au bout du compte lui donne obli­ga­toi­re­ment raison.

La mise en appli­ca­tion la plus récente de ce prin­cipe date du 25 mai lors de l’inauguration du e-G8. Si je m’étais long­temps deman­dé le sens de cet accord de colla­bo­ra­tion signé entre l’UMP et le PCC en 2009, la réponse semble avoir été donné à l’occasion du discours prési­den­tiel. Le président a en effet plai­dé pour un Inter­net « plus respon­sable », prenant ainsi exemple sur ce que demandent les auto­ri­tés chinoises aux inter­nautes locaux. Sans, comme en Chine, remettre en ques­tion la notion de liber­té d’expression et de droits d’auteur, Nico­las Sarko­zy a ainsi émis le vœu qu’Internet soit régi par un mini­mum de règles que les états se devront de faire respec­ter.

Passé cet aspect inspi­ré du discours tenu par les gouver­nants chinois, le président a enchaî­né avec la phrase qui vient annu­ler la pensée précé­dente :

En Afrique comme ailleurs, les vieux réflexes, c’est fini. Personne ne peut contrô­ler Inter­net, ceux qui voudront empê­cher les aspi­ra­tions démo­cra­tiques seront balayés

Ce qui sans la citer visait bien évidem­ment la Chine, une phrase équi­va­lente ayant été pronon­cée il y a peu par Obama chez qui Nico­las Sarko­zy prend visi­ble­ment des cours du soir. Voilà comment dans une même décla­ra­tion on peut être d’accord avec tout le monde, mais égale­ment se mettre à dos les personnes qui prennent la peine de décryp­ter ce langage pour le moins très poli­ti­que­ment correct, c’est-à-dire très hypo­crite.

En Chine le président fran­çais a héri­té d’un surnom il y a quelques années déjà : la girouette.