Du vent, de la pluie et beau­coup d’imprévisions

bananeraies sous la Si le Guangxi est géné­ra­le­ment épar­gné par les typhons et autres tempêtes tropi­cales, le dernier en date a montré que certaines limites étaient proches d’être atteintes. Nesat n’était en effet pas plus puis­sant que ses prédé­ces­seurs, ce qui n’aurait dû provo­quer que des dégâts minimes dans cette région. Si aucune mort causée direc­te­ment par le typhon (台风- Táifēng) n’est à rele­ver, la facture est toute­fois lourde dans le domaine de l’agriculture ainsi que dans celui du nombre des habi­ta­tions inon­dées.

Pour de nombreux paysans, la récolte de bananes est d’ores et déjà termi­née alors que les régimes étaient encore loin d’être arri­vés à leur stade final. Ce sont en effet des dizaines de bana­ne­raies qui ont été dévas­tées ce qui repré­sente plusieurs milliers d’hectares. Si le fort vent a été le déclen­cheur de ce qui s’avère une catas­trophe pour les paysans concer­nés, ce sont les empla­ce­ments des terrains qui sont en cause ainsi que leur mode d’exploitation. Si autre­fois les terrains natu­rel­le­ment abri­tés étaient propices à la culture de la banane, la hausse des prix des fruits et légumes a favo­ri­sé l’extension des bana­ne­raies.

Ces lieux autre­fois dédiés au riz ou au mais sont aujourd’hui couverts de bana­niers sans être proté­gé par la moindre colline pouvant les abri­ter contre de forts vents. Toujours pour des raisons de renta­bi­li­té extrême le nombre d’arbres à l’hectare a consi­dé­ra­ble­ment été revu à la hausse, ce qui lors d’une tempête donne les résul­tats consta­tables aujourd’hui. Les régimes de bananes étant en effet déjà bien avan­cés à cette époque de l’année ils créent « un effet domi­no » en ajou­tant leur poids aux rangs suivant, ce que ne peut suppor­ter un tronc natu­rel­le­ment fragile. C’est de la sorte que ce sont retrou­vé au sol des milliers de régimes dont la grande majo­ri­té est trop jeune pour être commer­cia­li­sée.

bananeraies sous la En ce qui concerne les habi­ta­tions, c’est là encore l’être humain qui a renfor­cé les effets de la tempête. La multi­pli­ca­tion des construc­tions nouvelles alliée à une évacua­tion des eaux souvent sous-évaluée a fait ruis­se­ler les pluies qui ont formé ensuite de véri­tables torrents d’eau et de boue. Rien qu’ici ce sont des centaines de personnes qui ont dû être secou­rues par des voisins ou les pompiers alors que ces habi­ta­tions ont vu passer bien d’autres préci­pi­ta­tions impor­tantes sans pour cela être inon­dées. C’est en effet très logi­que­ment que l’eau s’évacue plus aisé­ment dans la terre que sur du ciment, même si celui-ci n’est pas toujours d’une quali­té irré­pro­chable.

Si dans le cas des paysans, seules les aides publiques pour­ront finan­ciè­re­ment les aider à passer ce cap diffi­cile, les habi­tants ayant subi des dégâts ont la ferme inten­tion de se retour­ner contre les promo­teurs. Vu que les tribu­naux ne recon­naissent pas les asso­cia­tions de personnes dési­rant agir sur un même sujet, c’est sépa­ré­ment que les plaintes seront reçues si aucun accord amiable n’intervient aupa­ra­vant. Les promo­teurs n’ayant aucune raison de se pres­ser, ces indem­ni­sa­tions risquent donc de traî­ner en longueur pour peu qu’elles aient lieu un jour.

Les dégâts étant toute­fois rela­ti­ve­ment limi­tés, le « n’importe quoi » est sans doute loin d’avoir atteint la fin et il faudra sans doute une catas­trophe humaine pour que des mesures soient prises. Une fois de plus la Chine n’a pas et de loin l’exclusivité de ce genre de bévues, ayant connu cela à l’époque ou l’intelligente loi sur le remem­bre­ment agri­cole a fait arra­cher la plupart des haies. Mais comme il est souvent dit pour d’autres raisons « Ce n’est pas parce qu’on le fait que la chine doit le faire »