Du bon et beau vin Fran­çais pour les fêtes …

Yen

En cette période de fêtes, les cadeaux sont une tradi­tion et le vin fait de plus en plus partie des présents offerts. Les Chinois étant parti­cu­liè­re­ment sensibles aux beaux embal­lages, les socié­tés commer­ciales redoublent de talent pour offrir aux ache­teurs ce qui se fait de mieux en matière de tape à l’œil. Le conte­nu vaut il le conte­nant est par contre moins certain tant les béné­fices de ces ventes fait briller bien des yeux tant du côté du produc­teur que de celui du vendeur.

Si ces vins aux embal­lages luxueux sont en effet majo­ri­tai­re­ment issus de l’importation, ils ne donnent pas toujours satis­fac­tion aux desti­na­taires finaux. Cela a un effet dévas­ta­teur pour le consom­ma­teur qui se demande alors l’intérêt de mettre si cher dans un produit équi­valent à une produc­tion locale. Ces bois­sons, qu’il est parfois diffi­cile d’appeler vin, ont la plupart du temps des étiquettes aux noms flat­teurs majo­ri­tai­re­ment fran­çais. Cet élément, qui peut a prio­ri justi­fier un prix d’arrivé élevée surtout lorsque l’on ne connaît que peu ce domaine, profite à des personnes malhon­nêtes et donc pas que chinoises.

Il y a en effet le produc­teur qui va expé­dier sa produc­tion « d’invendables » en Chine en se disant qu’une fois bien embal­lé et enjo­li­vé par une belle étiquette, il fera l’affaire de l’année. Ces vins arri­vés à bas prix en bouteille ou en vrac sont recon­di­tion­nés pour leur donner une appa­rence plus présen­table, et font le bonheur de certains super­mar­chés toutes origines confon­dues. À en croire le repor­tage d’un jour­nal de Pékin, les marges béné­fi­ciaires sont assez larges puisqu’un vin affi­ché à 580 yuan a tout d’abord été propo­sé aux acheteurs-journalistes avec une promo­tion d’un coffret gratuit pour trois ache­tés avant de passer à deux gratuits pour cinq ache­tés. Quelques minutes plus tard, la même propo­si­tion en ce qui concerne les coffrets offerts n’avait plus pour base de prix que 160 yuan. Étique­tés comme étant un vin fran­çais, les jour­na­listes ont fini par se deman­der ce que conte­naient exac­te­ment les bouteilles pour permettre de tels rabais.

Pour ajou­ter une note pessi­miste à ce tableau déjà peu réjouis­sant pour les produc­teurs fran­çais de vrais et bons vins, une socié­té spécia­li­sée dans l’emballage des alcools a indi­qué qu’elle travaillait jour en nuit en période d’avant fêtes. Ce surcroît de travail se justi­fie par la quan­ti­té de vin d’importation à étique­ter, et ce qui devrait être une bonne nouvelle le devient nette­ment moins si l’on tient compte du témoi­gnage de l’un des diri­geants de cette socié­té. Il explique en effet que les mêmes bouteilles prennent des direc­tions diffé­rentes suivant leurs desti­na­tions finales, le coût des embal­lages variant entre 30 et 100 yuan pour les plus élabo­rés.

La plupart de ces vins partent de France à 2 euros, et une fois les frais de douane, frais d’entreposage et de trans­port appli­qués, terminent leur parcours à 3,20 euros. Même une fois ajou­té le prix d’un des embal­lages les plus flat­teurs, on arrive péni­ble­ment à 140 RMB pour un produit qui sera vendu dix à quinze fois plus cher. Malgré cette appa­rence luxueuse, ce qui est à l’intérieur de la bouteille est toujours à 2 euros, ce qui tient compte de la marge du produc­teur.

Ce n’est donc sûre­ment pas la meilleure manière de promo­tion­ner un produit à qui l’on veut coller une image de noblesse et de savoir-faire. En fin de compte, et comme souvent, les deux prin­ci­paux perdants dans cette manière d’opérer sont d’une part le consom­ma­teur chinois, et d’autre part le viti­cul­teur sérieux qui lui n’a pas les moyens finan­ciers ou logis­tiques de venir montrer « sa bobine » lors d’un spot télé­vi­sé vantant son profes­sion­na­lisme. Dès lors, il n’est pas diffi­cile à certains malfai­sants Chinois de faire du “faux vin”, la réfé­rence en la matière n’étant elle-même pas toujours authen­tique.

Source docu­men­taire : http://www.chinahourly.com