DSK, peut-être un film et pour­quoi pas un cauche­mar ?

pornoIl y a quelques jours courait une rumeur sur l’éventualité d’un film sur l’affaire DSK. Rien d’impossible tant l’art ciné­ma­to­gra­phique a été de tout temps employé comme puis­sant remède contre les erreurs du passé. Malgré ses effets secon­daires qui se carac­té­risent par une amné­sie collec­tive faisant que l’histoire tourne en rond, cette phar­ma­co­pée reste d’actualité avec le film sur Omar Raddad ou celui sur l’affaire d’Outreau. Faute de guerres gagnées depuis fort long­temps, c’est la socié­té civile qui prend le relais, ce qui pour­rait ainsi donner nais­sance à l’histoire de ce prési­den­tiable déchu pour cause de perver­si­té sexuelle.

Si le scéna­rio peut tenir sans trop de peine en haleine un public de connais­seurs, reste­ra toute­fois à clas­ser cette hypo­thé­tique œuvre dans la bonne caté­go­rie. Entre film porno, drama­tique ou humo­ris­tique la marge est immense à moins de faire de cette histoire une série style Dallas qui pour­rait ainsi englo­ber tous les genres. Afin de ne pas risquer les foudres des personnes four­nis­sant la matière à ce très long-métrage, sera bien évide­ment stipu­lé qu’il s’agit d’une œuvre de fiction n’ayant aucun lien avec des faits réels. Cela est d’autant plus vrai que je trouve la peau de l’ours DSK rapi­de­ment vendue, un peu comme si personne ou pas grand monde ne se faisait d’illusion sur sa culpa­bi­li­té. C’est à ce stade que l’on peut évoquer un cauche­mar, qui bien qu’improbable est toujours possible.

Imagi­nons en effet que lors du procès qui se dérou­le­ra début 2012, soit mis en avant un fait qui met hors de cause l’ancien direc­teur du FMI. Celui-ci serait donc aussi­tôt libé­ré et aurait tech­ni­que­ment le temps de réali­ser un de ses rêves secrets soit se présen­ter à la prési­den­tielle. Même si le candi­dat offi­ciel du PS aura été dési­gné en octobre, il lui serait diffi­cile dans cette hypo­thèse de ne pas lais­ser sa place pour peu que DSK la demande. L’ex-taulard pour­rait en effet faire d’une pierre deux coups soit créer son propre groupe poli­tique, ce qui le venge­rait de ceux qui l’ont rapi­de­ment mis sur la touche. Se débar­ras­sant de la pous­sié­reuse inves­ti­ture PS, DSK devien­drait de fait un homme neuf qui n’aurait ensuite aucun mal à rassem­bler les parrai­nages indis­pen­sables malgré les croche-pattes des partis adverses. En ce qui concerne le finan­ce­ment, la ques­tion ne se pose même pas tant l’origine juive des deux époux et leurs rela­tions permet­traient de trou­ver le budget par un simple claque­ment de doigts.

Vien­drait ensuite l’élection qui ne serait en fait qu’une forma­li­té, l’opinion publique étant par nature chan­geante et adorant de plus les martyrs qu’elle puisse ensuite véné­rer dans les divers lieux de cultes que ceux-ci soient reli­gieux ou non. Passé cette étape suivrait les légis­la­tives où DSK et son équipe se trou­ve­raient obli­gés de refu­ser des candi­dats venus de tous les hori­zons poli­tiques, la vague « DSKsiène »étant à son apogée.

Une fois tout ce petit monde mis en place à grands coups de trom­pettes et de descente des Champs Élysées, il lui faudra se mettre au travail, ce pour quoi ils ont été élus, ce que leurs prédé­ces­seurs ont souvent eu tendance à oublier. Le ridi­cule tuant encore moins en poli­tique qu’ailleurs, le « beau nouveau président » et madame en profi­te­raient alors pour régler leurs comptes avec ceux qui ont enter­ré à la va-vite celui qui était adoré hier. Égale­ment au programme la période des remer­cie­ments avec Jean Fran­çois Kahn placé à la tête d’un nouveau minis­tère du trous­sage domes­tique, Frédé­ric Mitter­rand étant quant à lui promu à celui de l’enfance. Si Georges Tron pour­rait trou­ver une seconde jeunesse poli­tique en héri­tant du porte­feuille des Affaires fémi­nines, c’est à gauche que la soupe à la grimace serait la plus consom­mée, mis à part pour Jack Lang qui trou­ve­rait natu­rel­le­ment un trou où se placer.

Mais puisque l’on parle de trou, reve­nons à la réali­té et lais­sons de côté les suppo­si­toires et suppo­si­tions. DSK est pour plusieurs mois encore en vacances surveillées et seuls ses avocats peuvent le sortir de ce qui est loin d’être un trou en monnayant non pas le silence de la femme de chambre, mais au contraire ses révé­la­tions. À l’heure actuelle, ils ne sont en effet que deux à être certains de la véri­té, soit la (suppo­sée) victime et le (suppo­sé) agres­seur. Lequel des deux l’emportera ? Si l’on se réfère au passé, les gans bien placés s’en sortent géné­ra­le­ment bien, ce qui en fait importe peu pour eux puisqu’on les moyens de vivre où ils le veulent.

Combien de chances que ce cauche­mar devienne une réali­té ? 50 % puisque DSK a une possi­bi­li­té sur deux d’être recon­nu coupable. Avouez que 50 % d’intentions de vote, beau­coup signe­raient pour un tel score. Si celui-ci ne repré­sente pas la majo­ri­té, l’écart reste infime et donc tout reste possible. Pour­quoi je parlais de chances ? Parce que ce serait une des rares occa­sions que ces guignols de la poli­tique auraient de nous faire rire, ce qui est toujours bon à prendre en cette période de moro­si­té.