Droits de l’homme contre pétro­le : nos amis arabes

Les Émirats Arabes Unis devraient commen­cer à se méfier des rela­tions entre­te­nues avec la Fran­ce. Bien que cette amitié ait été tissée de longue date, une phra­se récem­ment pronon­cée par un dépu­té fran­çais devrait inci­ter les respon­sa­bles des sept émirats à la plus gran­de pruden­ce. « Nos amis, soit qata­ris soit des Émirats arabes unis, ont dû faire un geste » a décla­ré Alain Marsaud, ancien magis­trat en char­ge des dossiers sur le terro­ris­me et actuel­le­ment dépu­té UMP des Fran­çais à l’étranger, ce après la libé­ra­tion des jour­na­lis­tes enle­vés en Syrie. Saddam Hussein et Kadha­fi ont égale­ment été des amis de la Fran­ce avant d’en deve­nir les pires enne­mis sur ordre des USA ou pour régler une dette qui ne devait rien à l’honneur.

Il est vrai qu’actuellement la Fran­ce entre­tient d’excellentes rela­tions avec les Émirats Arabes Unis au travers d’une présen­ce mili­tai­re perma­nen­te, de juteux contrats portant sur le nucléai­re civil ainsi que de nombreux autres échan­ges commer­ciaux et cultu­rels. Cette amitié du pays qui se veut celui des droits de l’homme est toute­fois quel­que peu étran­ge, même si elle perdu­re quel que soit le parti poli­ti­que au pouvoir en Fran­ce. En son temps, l’accord de colla­bo­ra­tion signé entre l’UMP et le PCC avait fait couler beau­coup d’encre acide, mais dans ce cas c’est le consen­sus le plus total. Il faut d’ailleurs noter que la Chine entre­tient égale­ment d’excellentes rela­tions avec les Émirats Arabes Unis, mais ce qui est cette fois logi­que entre États auto­ri­tai­res.

Alors que la moin­dre glis­sa­de chinoi­se en matiè­re de liber­té indi­vi­duel­le est promp­te­ment dénon­cée par les donneurs de leçons occi­den­taux et fran­çais en parti­cu­lier, person­ne du côté hexa­go­nal ne trou­ve quoi que ce soit à redi­re sur cette amitié il est vrai dictée par les inté­rêts écono­mi­ques et mili­tai­res. L’Arabie Saou­di­te fait égale­ment partie des amis de la Fran­ce malgré une prati­que de l’islam des plus extré­mis­tes asso­ciée à un apar­theid reli­gieux et cultu­rel. Inuti­le de deman­der en effet un visa touris­ti­que pour l’Arabie Saou­di­te, ce pays n’en déli­vre pas en ouvrant seule­ment ses portes aux hommes d’affaires et aux seuls musul­mans parqués aux alen­tours immé­diats des lieux de culte.

Liber­tés indi­vi­duel­les enca­drées par une charia des plus stric­tes, peine de mort, liber­té d’expression rédui­te, droits des femmes inexis­tants et Inter­net censu­ré sont quel­ques aspects de la vie quoti­dien­ne de la vie des habi­tants de ces havres de tolé­ran­ce. Il en est de même pour nos « amis Qata­ris » qui achè­tent vigno­bles, gran­des ensei­gnes commer­cia­les et inves­tis­sent dans certains clubs de foot tout en écono­mi­sant sur les salai­res des immi­grés venus construi­re les stades en vue de la coupe du monde de 2022.

Pour­quoi cette défé­ren­ce à l’égard de pays au fonc­tion­ne­ment pour le moins criti­qua­ble ? Pas besoin d’avoir fait de longues études pour compren­dre que l’argent et le pétro­le sont le fonde­ment de cette amitié dont il est logi­que de douter de la sincé­ri­té, ce quel que soit le côté. Ce qui est certain est qu’il appa­raît diffi­ci­le d’interdire la construc­tion de mosquées dans un pays qui s’agenouille devant les prêtres qui ensei­gnent et surtout impo­sent l’islam comme unique reli­gion.

Ce qui ressort de ces amitiés parti­cu­liè­res est que les valeurs huma­nis­tes sont en prio­ri­té un produit commer­cial promo­tion­né par des repré­sen­tants de commer­ce renom­més diplo­ma­tes pour les besoins du moment. Pouvant comp­ter sur des médias à la botte, orien­ter l’opinion publi­que vers un coupa­ble arbi­trai­re­ment dési­gné comme l’est souvent la Chine permet de dissi­mu­ler le lot de rela­tions étran­ges entre­te­nues par quel­ques valets télé­gui­dés par les lobbies finan­ciers.