Dix solu­tions pour Fran­çois Hollande ? Non une : la dissolution

popularitePassée la très rela­tive embel­lie suivant son élec­tion, la cote de popu­la­ri­té de Fran­çois Hollande n’a cessé de chuter. Avec 19 % d’opinions favo­rables, il se posi­tionne au plus bas de tous les prési­dents de la 5e Répu­blique. Natu­rel­le­ment reje­tée par les élec­teurs ancrés à droite, sa poli­tique l’est égale­ment à gauche du fait de résul­tats déce­vants et des ater­moie­ments habi­tuels de tout diri­geant poli­tique coin­cé entre réali­té de la situa­tion et « ligne édito­riale » impo­sée par le parti qui l’a propul­sé au sommet de l’État.

Fran­çois Hollande et son gouver­ne­ment sont-ils plus mauvais que les équipes précé­dentes ? Si l’on regarde la courbe de popu­la­ri­té de l’ensemble des prési­dents, on constate que sa popu­la­ri­té n’a fait que suivre la pente descen­dante amor­cée il y a bien long­temps. Cette « descente aux enfers » appa­raît comme inexo­rable quel que soit la person­na­li­té et ne semble donc pas liée à une ligne poli­tique, ce à moins que les gouver­ne­ments succes­sifs ne soient capables d’en suivre qu’une seule.

Pour­quoi cette désaf­fec­tion pour leurs diri­geants ? Tout d’abord parce qu’une majo­ri­té de Fran­çais attend encore des miracles de la part de leurs diri­geants tout en souhai­tant que ces chan­ge­ments ne viennent pas bous­cu­ler leurs habi­tudes. Une autre raison est la prise de conscience d’une part des Fran­çais que le système présen­té comme démo­cra­tique se limite à l’alternance entre UMP et PS, les autres partis n’étant là que pour donner un semblant de diver­si­té. Un dépu­té exerce un métier rému­né­ré sur une base proche du sala­riat et par consé­quent doit trou­ver un employeur. Les rares « auto-entrepreneurs » poli­tiques étant concur­ren­cés par les deux multi­na­tio­nales que sont l’UMP et le PS, leurs actions de marke­ting ne peuvent guère leur rappor­ter plus qu’une place de dépu­té natio­nal ou euro­péen ratta­chée à l’une des deux holdings.

balaiSans aucun charisme, Fran­çois Hollande s’est défi­ni comme « normal » faute de pouvoir lais­ser planer le moindre doute sur cet aspect de sa personne. Le PS ayant dû faire avec ce qu’il avait sous la main suite à l’empêchement de dernière minute de DSK, il a mode­lé une image autour de Fran­çois Hollande. Certain de son succès face à un Sarko­zy reje­té par une majo­ri­té de Fran­çais, ce tant en raison de résul­tats médiocres que d’une atti­tude souvent quali­fiée de « bling-bling », le PS n’a pas eu besoin de forcer la dose. Après Mitter­rand élu sur quelques promesses déma­go­giques et le désir des Fran­çais de licen­cier Giscard, Fran­çois Hollande est le deuxième président a prendre la forme d’un balai nettoyant l’Élysée.

Ce nettoyage termi­né reste un espace vide que Fran­çois Hollande a le plus grand mal à meubler. Ses élec­teurs ayant rapi­de­ment oublié le rôle premier confié à celui deve­nu président, la décep­tion ne peut être que d’une rapi­di­té propor­tion­nelle à sa profon­deur. Ceux doutant de ce rôle de balai sont invi­tés à regar­der de près cet objet ména­ger. Une fois dévis­sée la brosse à élec­teurs deve­nue inutile, il ne reste que le manche comme l’a démon­tré le dernier épisode de la version fran­çaise des « Feux de l’amour ».

Qu’est-ce qui pour­rait faire remon­ter la cote de Fran­çois Hollande ? Les plus méchants diront sa démis­sion. Impen­sable qu’un président vienne annon­cer au jour­nal de 20 heures « Je ne m’en sors pas et j’ai donc déci­dé de lais­ser la place ». Un rema­nie­ment minis­té­riel touchant en premier lieu le premier ministre, sorte de pelle suivant de près le balai ? Aucune utili­té, car malgré ses enga­ge­ments, c’est Fran­çois Hollande qui tient le manche et pas son premier ministre. Ne demeure donc que la seule porte de sortie qu’est la dissolution.

Une telle déci­sion n’aurait que des avan­tages pour Fran­çois Hollande. Le premier serait de conser­ver sa place jusqu’en 2017 et donc son pouvoir de séduc­tion avec en supplé­ment beau­coup plus de temps libre pour les loisirs équestres. Le deuxième est que n’étant plus à la tête de l’exécutif, il pour­rait dès lors criti­quer certaines déci­sions de son gouver­ne­ment et ainsi se donner le beau rôle. Le troi­sième est qu’une bonne partie des Fran­çais aiment ces périodes de coha­bi­ta­tions, forme moderne de Front popu­laire où chacun des camps marche allè­gre­ment sur la gueule de l’autre en vue des prochains scrutins.

Un dernier avan­tage de ce mode de fonc­tion­ne­ment pour Fran­çois Hollande est que contrai­re­ment à celui d’un pays, il connait. Après une longue coha­bi­ta­tion avec Ségo­lène, c’est Valé­rie qui a repris « le flam­beau » avant de se le voir arra­ché des mains par Julie. Dans l’hypothèse d’une coha­bi­ta­tion, nous aurons donc un spécia­liste ayant fait ses preuves dans le mariage d’une chèvre et d’un éléphant, ce qui n’est rien à côté d’une union entre le PS et l’UMP.