Dis maman, c’est quoi la crise ? (II)

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criseLa France est un pays para­doxal sous de nombreux aspects. Parmi ces spéci­fi­ci­tés figure un système écono­mique ayant le plus grand mal à se défi­nir et parfois à s’assumer. Malgré un système repo­sant essen­tiel­le­ment sur le secteur privé, nombreux sont par exemple les Fran­çais souhai­tant l’intervention de l’État dans des secteurs très éloi­gnés de ses attri­bu­tions. Sans n’avoir jamais été un pays régi par un système collec­ti­viste, l’État fran­çais est large­ment présent dans certains secteurs comme l’énergie, les commu­ni­ca­tions, le trans­port ferro­viaire et aérien. Il y a quelques années, il était même banquier ou construc­teur auto­mo­bile. Dans de nombreux cas, l’État gestion­naire a été syno­nyme de pertes finan­cières impor­tantes qui auraient été fatales pour des entre­prises privées.

Ce désir de maîtri­ser certains secteurs écono­miques est étroi­te­ment asso­cié à l’emploi. Fonc­tion­ne­ment habi­tuel dans les pays collec­ti­vistes, ou l’ayant été, l’État embauche afin d’absorber une partie des deman­deurs d’emploi. Cette pratique est égale­ment courante dans les admi­nis­tra­tions avec des emplois créés non pas en fonc­tion des besoins, mais de l’orientation de la courbe du chômage. Un autre aspect de l’omniprésence de l’État est son penchant à soute­nir finan­ciè­re­ment les embauches au travers d’aides finan­cières directes ou de crédit d’impôt. Le résul­tat est un État de plus en plus dépen­sier sans pour autant toujours obte­nir les effets souhai­tés. Contrai­re­ment à l’État, une entre­prise privée embauche du person­nel lorsqu’elle en a besoin et non pas dans une vision sociale ou élec­to­ra­liste.

Les budgets dispen­sés à ces aides sociales étant de plus en plus impor­tants, l’État n’a d’autre choix que d’augmenter les prélè­ve­ments, ce qui appau­vrit méca­ni­que­ment les entre­prises les plus rentables. Les consé­quences sont une impor­tante évasion fiscale, le déve­lop­pe­ment du travail clan­des­tin et un mécon­ten­te­ment gran­dis­sant des « ponc­tion­nés ».

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Comme il est indi­qué sur le graphique ci-dessus, l’État n’a pas cessé d’accroître sa présence, et ce quelle que soit l’orientation poli­tique des diri­geants. De plus de 27 % en France, cette part est de 16 % en Angle­terre, 22 en Alle­magne. Concer­nant les USA, la parti­ci­pa­tion de l’État s’est long­temps limi­tée à 12 % avant de passer ces trois dernières années à 17 %.

Si l’État fran­çais sait se montrer géné­reux dans certains domaines, les dépenses sont frei­nées dans d’autres. Impo­sée par la commu­nau­té euro­péenne, la réduc­tion des dépenses publiques a porté ses fruits comme le démontre le graphique ci-dessous.

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