Deuxiè­me enfant : pas trop vite et pas pour tous

enfantsVolon­tai­re­ment ébrui­té à des fins de paix socia­le, le nouveau texte de loi permet­tant aux couples chinois d’avoir un deuxiè­me enfant prend son allu­re défi­ni­ti­ve. « Le peuple a besoin de cette réfor­me et le déve­lop­pe­ment écono­mi­que de la Chine peut en suppor­ter le coût. », cette phra­se récem­ment pronon­cée par un membre de l’APN (Assem­blée Popu­lai­re Natio­na­le) pour­rait servir de base à bien des démo­cra­ties et leurs diri­geants. Derriè­re ces mots se cachent toute­fois plusieurs barriè­res dont certai­nes sont dictées par une logi­que diffi­ci­le­ment contes­ta­ble.

Si la nouvel­le loi va élar­gir les condi­tions permet­tant la nais­san­ce d’un deuxiè­me enfant, il n’est pas ques­tion d’abandonner le prin­ci­pe de la plani­fi­ca­tion. Ce ne sont en effet que 150 millions de Chinois qui seront concer­nés. Qui seront-ils ? Des enfants uniques. Depuis quel­ques années, la loi permet­tait à un couple dont les deux époux étaient des enfants uniques de donner nais­san­ce à un deuxiè­me enfant sans payer la contri­bu­tion socia­le. Avec le nouveau texte, il suffi­ra que l’un des deux membres du couple soit unique pour qu’il puis­se avoir un deuxiè­me enfant.

Si cette limi­ta­tion a l’avantage d’être clai­re, une ombre subsis­te et concer­ne la plani­fi­ca­tion de ces futu­res nais­san­ces. Les légis­la­teurs veulent à tout prix éviter une vague de nais­san­ce indui­te par cet élar­gis­se­ment, ce baby-boom pose­rait de nombreux problè­mes. Pour absor­ber ce supplé­ment d’enfants, les gouver­ne­ments locaux se verront contraints de construi­re de nombreu­ses écoles et des établis­se­ments médi­caux. Passé la vague de nais­san­ce, ces aména­ge­ments risquent de se retrou­ver sans utili­té, mais avec un coût devant être assu­mé par les collec­ti­vi­tés loca­les.

La solu­tion risque donc d’être une plani­fi­ca­tion de ces nouvel­les nais­san­ces sur la base de critè­res restant enco­re à défi­nir. Même si le risque de cet afflux est modé­ré, les auto­ri­tés tien­nent à l’envisager afin de ne pas se retrou­ver devant une réali­té diffi­ci­le à gérer.