Des dissi­dents qui ne se laissent pas faire

ChinoisIl est souvent fait mention des expro­pria­tions plus ou moins forcées que subissent certains Chinois de la part de promo­teurs sans scru­pules, et pour quelqu’un qui n’a qu’une source d’ infor­ma­tions ces faits, quoique sans doute bien réels, ne peuvent couvrir l’ensemble de la réali­té.
Il existe égale­ment des personnes dont le droit est respec­té, même si celui – ci va parfois plus ou moins à l’encontre de l’intérêt géné­ral.
C’est le cas ici ou un petit groupe de résis­tants refusent obsti­né­ment de céder leurs proprié­tés et plus préci­sé­ment leurs maga­sins ; non pas que celui – ci génère un chiffre d’affaires fara­mi­neux, mais unique­ment afin de lais­ser un bien immo­bi­lier à leur enfant.
Car il ne s’agit ici pas d’une ques­tion d’argent, mais de conser­ver un empla­ce­ment légué de géné­ra­tion en géné­ra­tion. Le promo­teur, qui a déjà ache­té une grande partie du quartier,a en effet propo­sé plus de 10 fois le prix que valent réel­le­ment ces quelques mètres carrés de terrain, mais, ce que demandent les proprié­taires c’est d’obtenir en échange des terrains concé­dés, un empla­ce­ment commer­cial dans la future gale­rie marchande.

Malgré les offres allé­chantes, le refus est toujours systé­ma­tique et le promo­teur a beau expli­quer que les produits actuel­le­ment propo­sés ne sont pas en adéqua­tion avec la clien­tèle « moderne», les proprié­taires n’en démordent pas et pour montrer leur déter­mi­na­tion ont plan­té des drapeaux Chinois sur le toit de chaque maga­sin. C’est ainsi que depuis deux ans, flottent les drapeaux de la résis­tance face à l’avancée de la moder­ni­sa­tion. Même la muni­ci­pa­li­té a renon­cé à convaincre ces dissi­dents, et ce, malgré de nombreuses réunions de forma­tion où il leur a été expli­qué que l’avenir de leurs commerces se voyait compro­mis par les nouvelles règles d’hygiène et la mise en confor­mi­té vis-à-vis des règles de sécu­ri­té.
Rien n’y a fait et l’entêtement légen­daire des Chinois fait le reste ; même si, petit à petit l’étau se resserre et qu’il ne reste plus main­te­nant qu’une dizaine de ses maga­sins, une des commer­çantes me disait : « on ne demande pas d’argent, ou veux juste un maga­sin pour travailler. En échange de mon maga­sin, ils vont construire quatre étages d’appartements qu’ils vont vendre, ils sont donc gagnants. ». Le promo­teur pour sa part, s’il ne s’inquiétait pas trop jusqu’à présent, car le chan­tier a commen­cé à l’autre bout du quar­tier, m’a avoué commen­cer à s’impatienter, car si aucune solu­tion n’est trou­vée avant quatre mois, il devra arrê­ter les travaux en atten­dant que ce problème soit solu­tion. Il m’a égale­ment expli­qué qu’à l’heure d’aujourd’hui, la seule solu­tion était d’attendre que les dernières de personnes veuillent bien se déci­der à vendre ce qui est deve­nu le sanc­tuaire vocal de la résis­tance.

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Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.