Le Guangxi se lance dans le café

FrAvec un taux de crois­sance de l’ordre de 40 %, la Chine repré­sente une des cibles privi­lé­giées des produc­teurs et négo­ciants en café. Ce produit étant majo­ri­tai­re­ment impor­té, et donc rela­ti­ve­ment cher, il est encore pour l’instant réser­vé à une clien­tèle aux reve­nus assez élevés. Toute­fois, si le café est déjà depuis pas mal de temps présent dans les grandes agglo­mé­ra­tions, sa percée dans les zones plus recu­lées et moins denses en popu­la­tion est faci­le­ment consta­table, même si la quali­té n’est pas toujours à la hauteur des attentes de la clientèle.

Pour une grande partie, il s’agit en effet de bois­sons instan­ta­nées produites par la socié­té Vina­ca­fé, origi­naire du Viet­nam voisin. Ces produits sont en effet majo­ri­tai­re­ment des « mix », mêlant café de basse quali­té et poudre de lait, les Chinois n’étant pas majo­ri­tai­re­ment habi­tués à consom­mer le « petit noir » comme nous le connais­sons. Depuis le 1er janvier, le Guangxi étant deve­nu une zone de libres-échanges exoné­rée de taxes sur la quasi-totalité des produits, la socié­té viet­na­mienne a déci­dé d’installer une plate­forme de distri­bu­tion visant à alimen­ter la tota­li­té du pays, ce qui devrait la placer en concur­rence avec des produits impor­tés, comme ceux par exemple par la socié­té Nestlé.

Si la demande est bien présente, c’est l’offre qui a bien plus de mal à suivre, un pays comme la Colom­bie ayant a vu son taux d’importation passer à 600 % en 2009 en raison de condi­tions météo­ro­lo­giques défa­vo­rables. Depuis quelques années, la région du Yunnan s’est lancée dans la produc­tion de café, celle-ci attei­gnant les 10 000 tonnes par an.

Devant ce marché en constante augmen­ta­tion, c’est à présent au tour du Guangxi de s’essayer dans cette culture, le poten­tiel natio­nal envi­sa­gé étant de l’ordre de 200 millions, ce qui laisse entre­voir la part de l’évolution à venir. Les agri­cul­teurs locaux n’étant pas très au fait de cette nouvelle acti­vi­té, et connais­sant mal les diverses phases menant au produit fini, ce ne sont pas moins de deux joint-ventures qui ont récem­ment vues le jour, une Sino-Brésilienne, la seconde étant une asso­cia­tion avec un grand groupe de torré­fac­tion d’origine Colombienne.

Les caféiers, dont la plan­ta­tion a déjà commen­cé, proviennent des deux pays cités, et ont été modi­fiés en fonc­tion du climat et du terrain parti­cu­lier de la région. Contrai­re­ment à Vina­ca­fé et aux produits issus du Yunnan, les produits finis ne seront pas des instan­ta­nés, mais du café vendu en grain ou moulu, dési­rant avant tout mettre sur le marché des produits de moyennes et haut de gamme afin de concur­ren­cer les produits aujourd’hui importés.

Les premiers produits issus de cette produc­tion devraient arri­ver sur le marché Chinois d’ici trois ans, et si les résul­tats sont au rendez-vous, devraient donner nais­sance à de nouvelles plantations.

Une excel­lente nouvelle pour moi, en tant que grand consom­ma­teur de cette boisson.