Défi­nir la fonc­tion de première dame : l’idée qui va sauver la France

pompadourLes forces me manquant pour commen­ter le tragique épilogue de la saga Hollande/Trierweiler, c’est entre deux sanglots que ce qui suit est rédi­gé. Il reste toute­fois en rapport direct puisque concerne un point souvent évoqué lors de ce terrible drame ayant meur­tri la France dans ses couches les plus profondes.

L’absence d’un statut offi­ciel de celui ou celle parta­geant la vie du président (ou prési­dente) de la Répu­blique n’est pas sans poser de problèmes comme on vient de le voir. Cette sépa­ra­tion n’a rien d’une nouveau­té puisque Nico­las Sarko­sy en a lancé la mode. Dans le cas présent, les choses sont simpli­fiées puisque notre président n’est pas uni par les liens du mariage. On peut ajou­ter que rien n’étant préci­sé dans les insti­tu­tions, un président peut être offi­ciel­le­ment marié, en concu­bi­nage notoire, pacsé ou en union tota­le­ment libre, que la personne parta­geant sa vie privée soit ou non d’un sexe différent.

Un président en visite offi­cielle en compa­gnie de son petit ami du moment n’a dès lors rien d’incompatible avec la fonc­tion puisque rien ne vient l’encadrer dans ce domaine. Sous la royau­té, les maîtresses se voyaient offertes de nombreux avan­tages tels que titres, domaines, etc. Rien de tel sous le régime répu­bli­cain puisque se limi­tant à un bureau dédié animé par quelques colla­bo­ra­teurs rému­né­rés par des sommes allouées à la prési­dence et la gratui­té de certains voyages et séjours.

La force de l’habitude aidant, la consti­tu­tion s’est bien gardée d’encadrer le rôle du parte­naire prési­den­tiel en lais­sant à chacun le soin de respec­ter ce qui autre­fois se défi­nis­sait par « bonnes mœurs ». À partir du moment où sont léga­li­sées toutes les formes d’union, il n’y a aucune raison que la fonc­tion prési­den­tielle en soit exclue. Dans le dernier cas en date, c’est l’aspect nouveau du couple prési­den­tiel qui a déran­gé certains milieux pour le moins conser­va­teurs ou/et forma­tés par une éduca­tion. Pour eux, la moder­ni­té ambiante passe au second rang derrière la tradi­tion même si celle-ci est asso­ciée à une certaine hypo­cri­sie. S’ajoutent à ces Fran­çais une « classe » poli­tique toujours prête à exploi­ter le moindre faux pas, ce tous campas poli­tiques confondus.

Défi­nir juri­di­que­ment le statut de celle appe­lée « Première dame » et éven­tuel­le­ment « Premier monsieur », pour­quoi pas ? Encore faudra-t-il que le cadre soit assez souple pour s’adapter à tous les cas de figure comme celui d’un président chan­geant fréquem­ment de parte­naires. Un président céli­ba­taire, comme c’est le cas aujourd’hui, peut vivre de fait avec qui il veut et le temps qu’il veut, le « je » utili­sé dans le commu­ni­qué annon­çant la rupture souli­gnant qu’il a été le seul à déci­der. Trois heures, une semaine, un mois ou plus risquent de donner du fil à retordre aux services char­gés du protocole :

- Vous allez aux USA avec qui demain ?

- Je ne sais pas encore. Je suis sur un coup, mais je n’ai pas encore conclu.

Tel pour­rait être le dialogue tenu à l’Élysée lors des mois à venir sans que personne n’ait rien à redire. Avant de donner un statut à celle (pour simpli­fier. Il ne s’agit d’homophobie) visée par ces dispo­si­tions, encore faut-il défi­nir sa personne de manière précise. Impo­ser le mariage ou toute autre forme d’union offi­cielle serait assi­mi­lé à une discri­mi­na­tion. Comme il a été maintes fois souli­gné durant la saga Hollande/Trierweiler, la vie privée du président ne concerne que les inté­res­sés directs et en aucun cas les dizaines de millions de Fran­çais qu’il repré­sente. On peut d’ailleurs se deman­der le bien-fondé du dernier commu­ni­qué fait non pas au nom du président, mais de Monsieur Fran­çois Hollande. En dehors de vedettes du sport ou du show-biz, rares sont les décla­ra­tions publiques faisant part d’une rupture. Imagi­nez des pages entières de jour­naux remplies de ce genre d’annonces :

  • Moi Gérard Dupond, ouvrier licen­cié de chez Peugeot, j’ai déci­dé de mettre fin à ma rela­tion avec Gisèle Durand, sans profession.

Quelle est alors la solu­tion ? De lais­ser les choses dans l’état sans s’attacher à une excep­tion venant confir­mer une règle repo­sant sur la logique que devrait possé­der tout être humain. La France étant déjà large­ment four­nie en textes de tous genres, il est inutile de s’appesantir sur un cas précis même s’il est sous quelques aspects le reflet de la société. 

À l’image des Pompa­dour et autres, Valé­rie Trier­wei­ler laissera-t-elle son nom à une fleur ou une pomme de terre ? Sans doute pas, mais davan­tage à une pote­rie en forme de cruche bapti­sée « L’intrigante » ou encore « La coléreuse ».

Je vous laisse, car je dois sortir pour recons­ti­tuer mon stock de mouchoirs …