De quoi qui vont causer les François

françoisAu temps de sa splen­deur, l’Église catho­lique se montrait très critique envers les personnes vivant en couple sans être mariées. Idem pour le suicide qui a long­temps inter­dit à un « fati­gué de la vie » de fran­chir la porte de la maison où Amour du prochain est inscrit sur les murs.

Au même titre que certains diri­geants poli­tiques impo­sant la léga­li­sa­tion du mariage homo­sexuel pour s’afficher « moderne », l’Église catho­lique pour­suit sa quête de « moder­ni­tude ». Dans les deux cas, il s’agit de « prêche aux voix », les voies du Seigneur étant pour leur part impé­né­trables comme le sait tout bon prati­quant. La simi­li­tude entre le monde poli­tique et reli­gieux va même un peu plus loin puisque bien avant notre Président normal, les prêtres ont lais­sé de côté la soutane qui leur donnait une spéci­fi­ci­té. C’est ensuite le latin qui a été évin­cé avec pour fina­li­té une meilleure compré­hen­sion de la parole de Dieu. Le résul­tat ne s’est pas fait attendre, les anciens adeptes préfé­rant flâner dans les allées des super­mar­chés que dans des églises deve­nues sans âme même lorsqu’elles sont ouvertes, soit durant les heures légales de travail.

Il est vrai que l’enseignement du latin autre­fois obli­ga­toire dès la 5e est deve­nu option­nel, Jésus Christ utili­sant sans doute aujourd’hui bien plus l’anglais et l’iPhone lors des commu­ni­ca­tions avec son père ou ses repré­sen­tants de commerce. Sous peu, les séances de confes­sion se feront sur Face­book ou Twit­ter. Hypo­cri­sie encore une fois commune entre ces deux mondes long­temps unis par inté­rêt que sont les repré­sen­tants du peuple et ceux d’une reli­gion tout aussi riche en promesses électorales.

Dans cette ambiance deve­nue ordi­naire, la pratique de l’Islam ne peut qu’être atti­rante en engen­drant le forma­tage intel­lec­tuel ayant fait la force des armées durant des siècles. Placées sous les ordres d’un pape ou d’un quel­conque roi, les troupes défen­daient alors un idéal qui s’il n’était pas toujours le leur, avait au moins l’avantage d’exister. Les hommes poli­tiques au fort charisme ayant lais­sé leur place à des « queu­tards » ordi­naires mettant à profit leur pouvoir de séduc­tion donné par la fonc­tion, les peuples ne rêvent plus en étant privés de cette matière virtuelle qui aidait à passer les caps diffi­ciles de la vie.

C’est dans cette ambiance ordi­naire que Fran­çois Hollande (le Président) va rencon­trer au nom des Fran­çais un autre Fran­çois tout aussi ordi­naire. Le pape va-t-il évoquer les gali­pettes prési­den­tielles ? Il y a autant de chances que celles d’aborder la ques­tion des droits de l’homme lors d’une visite de Fran­çois (l’ordinaire) en Arabie Saou­dite. Ce dernier va-t-il expli­quer les raisons l’ayant pous­sé à laga­li­ser le mariage des homo­sexuels ? Oui sans doute, car dans sur ce sujet les deux hommes peuvent se comprendre :

  • Fran­çois (rôle du président) : Vous savez ce que c’est la perte de clien­tèle ? Dans mon pays on vote tous les deux ans en moyenne. Vu mes résul­tats, une voix compte. Les homo­sexuels vous savez ce que c’est dans votre métier. Il vaut mieux les avoir devant soi lors d’un meeting que derrière.
  • Fran­çois (repré­sen­tant de Dieu) : Oui bien sûr, mais vous risquez de faire fuir une partie des catho­liques qui auraient pu voter pour vous.
  • Fran­çois (ordi­naire) : peut-être, mais mon élec­to­rat avait besoin d’une couche de pein­ture pour retrou­ver des couleurs.
  • Vous avez en fait raison. Je vais faire la même chose en recom­man­dant le préser­va­tif, l’avortement et en auto­ri­sant le mariage des prêtres. Comme vous, je n’ai plus rien à perdre.

Le para­dis asso­cié au monde de Casi­mir, telle est l’image d’un avenir placé sous le signe de l’ordinaire. Pour termi­ner, une chan­son parti­cu­liè­re­ment bien adaptée.

Le pape a dit …