Dans les démo­cra­ties, gouver­ner c’est écou­ter

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L’actualité hexa­go­na­le aurait méri­té de limi­ter le titre à « En Fran­ce, gouver­ner c’est écou­ter », mais la récen­te affai­re dévoi­lée par Snow­den démon­tre que ce mode de fonc­tion­ne­ment est géné­ra­li­sé dans celles que l’on nomme pompeu­se­ment démo­cra­ties. Cette propen­sion à tout écou­ter est égale­ment clas­si­que dans les dicta­tu­res, mais fait partie de la pano­plie offi­ciel­le.

Si le gouver­ne­ment actuel semble sourd à la voix du peuple, il appa­raît qu’il en est tout autre­ment lorsqu’il s’agit de surveiller des person­nes poten­tiel­le­ment dange­reu­ses pour l’avenir de leurs carriè­res poli­ti­ques. Fidè­les à leur « serment d’hypocrite », Hollan­de, Ayrault, Taubi­ra et Valls décla­rent en chœur ne pas avoir été aver­tis de la mise sur écou­te de Nico­las Sarko­zy. Cette igno­ran­ce peut paraî­tre étran­ge, mais en réali­té est tout à fait crédi­ble. Il semble en effet que cette maniè­re de faire soit liée à une infec­tion vira­le frap­pant le PS. Entre 1983 et 1986, le même virus avait frap­pé de la même maniè­re. Le Prési­dent était Fran­çois Mitte­rand et les attri­bu­tions premiè­res de la cellu­le anti­ter­ro­ris­te avaient alors déra­pé. Là enco­re les initia­teurs ne savaient rien, ce même si le tribu­nal a rele­vé à l’époque certains points touchant de près Fran­çois Mitte­rand. Sa vie privée, son cancer, sa fille « cachée » ont ainsi été les motifs impo­sant d’écouter les conver­sa­tions privées de ces terro­ris­tes de jour­na­lis­tes, de person­na­li­tés du show-biz et autres dangers pour la sécu­ri­té du pays. Cette affai­re a été jugée 20 ans plus tard, temps néces­sai­re à l’oubli.

En toute logi­que, ce sera donc en 2034 que seront hypo­thé­ti­que­ment mena­cés ceux et celles ayant mis sur écou­te l’ancien prési­dent, deux de ses anciens minis­tres de l’intérieur et ses avocats. Cette sala­de juridico-électorale inter­vient comme par hasard après la diffu­sion des enre­gis­tre­ments réali­sés par Patri­ck Buis­son et l’implication de Copé dans une clas­si­que affai­re de favo­ri­tis­me et par-dessus tout quel­ques jours avant les élec­tions muni­ci­pa­les.

En se parta­geant équi­ta­ble­ment les affai­res d’emplois fictifs, gauche et droi­te confon­dues démon­trent ainsi le peu d’intérêt porté aux problè­mes des Fran­çais. Un prési­dent qui se sépa­re de sa concu­bi­ne plus ou moins offi­ciel­le, des minis­tres qui ne savent rien au nom de la sépa­ra­tion des pouvoirs et pour finir un élec­to­rat près à deman­der le divor­ce après un maria­ge forcé avec une clas­se poli­ti­que menant depuis toujours une double vie. La présen­ce de 65 millions d’enfants ne semble pas gêner outre mesu­re ces maîtres du cocu­fia­ge qui de toute maniè­re, ne voit rien, n’entendent rien, mais parlent beau­coup trop.