Dans la famille des faux : les voleurs d’image

Dans la famille des faux : les voleurs d’imageLa déma­go­gie élec­to­ra­liste pousse actuel­le­ment la majo­ri­té des candi­dats à la prési­den­tielle a être soudai­ne­ment pris d’une fièvre faisant couler sur leur front natio­nal ou non des gouttes tein­tées de bleu-blanc-rouge. Si cette montée de tempé­ra­ture est appe­lée à chuter dès le lende­main du second tour, reste un problème bien moins mis en lumière parce que ne rappor­tant aucun bulle­tin de vote.

Il y a quelques jours, plusieurs plaintes ont été dépo­sées à l’encontre de maga­sins chinois vendant des produits de maro­qui­ne­rie estam­pillés « Made in Italy ». Malgré une histoire, un drapeau et une origine située un petit village de Toscane, il s’est avéré que ces produits n’avaient jamais vu le jour en Italie, mais dans une usine proche de Pékin. Vendus plus chers que de réelles impor­ta­tions, la quali­té s’est avérée médiocre, ce qui provo­qué la colère des consom­ma­teurs concer­nés.

S’il s’agit là d’une version loca­li­sée de l’écoulement des mêmes contre­fa­çons que l’on trouve en Europe et ailleurs, un autre aspect de ce détour­ne­ment de l’origine d’un produit est lui bien plus pervers et nuisible à l’image d’un pays. Ce dont je veux parler ici concerne la plupart du temps des maga­sins en fran­chise affi­chant leurs marchan­dises comme ayant une origine autre que ce qu’elle est réel­le­ment. Dans ce secteur de la fausse origine, la France se trouve dans le pelo­ton de tête avec de très nombreux réseaux affi­chant des noms à conso­nance fran­çaise ou le mot France glis­sé un peu partout. Ce sont prin­ci­pa­le­ment les vête­ments qui font les frais de ce détour­ne­ment d’image qui nuit à nos expor­ta­tions en tant que manque à gagner, mais aussi en termes de crédi­bi­li­té des produits hexa­go­naux. Vendus en effet à des prix bien supé­rieurs à ce qu’ils valent réel­le­ment, la décep­tion des ache­teurs pousse alors à se détour­ner de ces produits soi-disant impor­tés et ne leur donne plus « l’envie d’y reve­nir ».

S’il est vrai qu’existent en France des restau­rants chinois n’en ayant que le nom, la proli­fé­ra­tion de ces produits à la fausse origine. De Yishion avec son atelier pari­sien invi­sible, mais qui s’appuie sur cette prove­nance de concep­tion valo­ri­sante, à Goldroos­ter avec son Coq spor­tif et son origine trico­lore affi­chée, en passant par bien d’autres plus ou moins modestes, mettre en avant une autre origine que la sienne est deve­nue une constante. Dans un pays où même les produits locaux sont contre­faits tout aussi loca­le­ment, la défense du « made in France » devrait inter­pel­ler nos élus, ce même en dehors des périodes élec­to­rales. Ces bras bais­sés devant cette situa­tion m’amènent à penser que la défense des produits fran­çais, et donc d’une partie de son écono­mie, s’arrête aux seules fron­tières pour des raisons évidentes de visi­bi­li­té déma­go­gique.

Si le « made in France » doit être défen­du dans l’hexagone, il doit égale­ment l’être à l’extérieur de celui-ci non pas un mois tous les cinq ans, mais tout au long d’un mandat. De nombreux pays faisant les frais de ces détour­ne­ments d’image, ce en supplé­ment des clients chinois arna­qués, un mini­mum de volon­té et un soutien éner­gique de l’OMC devraient parve­nir, non pas à éradi­quer tota­le­ment ces voleurs d’image, mais à en réduire la nuisance. Obli­ger par exemple qu’une enseigne dési­rant arbo­rer une origine étran­gère apporte la preuve de celle-ci doit est un aspect qui pour­rait être confié aux services locaux du Commerce où s’inscrit l’entreprise en ques­tion.

Il s’agit donc d’une volon­té qui si elle doit être commune, ne peut être initiée qu’à la demande des pays qui se voient ainsi dépos­sé­dés de leur répu­ta­tion. Aujourd’hui, ce désir est loin d’être présent, ce d’autant plus en période élec­to­ra­liste où l’on ne regarde pas plus loin que le bout de son nez. Si demain sera un autre jour, il est peu probable que ce sujet inté­resse des respon­sables qui une fois en place deviennent la plupart du temps amné­siques en échange de quelques inves­tis­se­ments chinois pouvant être à l’origine de quelques créa­tions d’emplois. La renom­mée de la France oui, mais pas trop long­temps et pas trop fort pour ne pas réveiller les élec­teurs qui dorment.

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