Crois­sants au beurre ? Non au DEHP !

Croissants au beurre ? Non au DEHP !Pour donner son aspect liquo­reux à certaines bois­sons ou sa souplesse à certaines pâtis­se­ries, il est habi­tuel d’employer de l’huile pour les premieres et du beurre pour les secondes, que celui-ci soit d’origine animale ou végé­tale. Qu’il s’agisse de l’huile de palme ou de la marga­rine, ces produits ont un prix rela­ti­ve­ment élevé, mais font partie des coûts de fabri­ca­tion incon­tour­nables.

Rempla­cer ces bases alimen­taires par d’autres, bien moins chers, peut donc être une solu­tion pour augmen­ter passa­ble­ment les marges béné­fi­ciaires. Si la produc­tion de bois­sons ou de pâtis­se­ries indus­trielles ressemble bien plus au jeu du « petit chimiste », les addi­tifs habi­tuel­le­ment utili­sés sont issus de recherches censées préser­ver la santé des consom­ma­teurs. Malheu­reu­se­ment, l’être humain est ainsi fait que certains cherchent toujours à écono­mi­ser ce qui est déjà pensé pour réduire les coûts de fabri­ca­tion. Si la méla­mine a été à une époque récente au centre de plusieurs affaires, c’est cette fois le DEHP qui se retrouve sur le devant de la scène.

Le DEHP est un compo­sé chimique de la famille des phta­lates qui donnent eux-mêmes nais­sance à divers PVC et autres matières plas­tiques. Les cosmé­tiques contiennent égale­ment un phta­late afin de donner au produit son pouvoir fixa­teur qui lui permet de mieux péné­trer la peau. Si les parfums, déodo­rants, rideaux de douche, certains jouets ou acces­soires de chirur­gie contiennent ces compo­sés chimiques de manière habi­tuelle, le DEHP a lui été trou­vé dans un produit alimen­taire fort connu puisqu’il s’agit du Nutel­la.

Bien que suspec­té depuis des années de conte­nir des agents cancé­ri­gènes, la commu­nau­té euro­péenne n’impose une demande d’autorisation que depuis le 1 er juin 2011. Toute produc­tion conte­nant du DEHP doit depuis cette date doit être soumise à un contrôle strict. Il n’est donc pas ques­tion d’interdire ce produit, mais de limi­ter ses appli­ca­tions. Il appa­raît que c’est donc moins le compo­sé lui-même qui est en cause que sa concen­tra­tion dans certaines fabri­ca­tions.

De manière simul­ta­née, Taiwan et la Chine viennent eux d’interdire le DEHP en tant qu’additif alimen­taire, ce après la saisie et la destruc­tion immé­diate de plusieurs centaines de tonnes de produits desti­nés à la fabri­ca­tion de bois­sons ou de pâtis­se­ries. Mélan­gé à plusieurs produits utili­sés dans ces fabri­ca­tions, la présence de DEHP n’était que rare­ment indi­quée sur les embal­lages alors qu’il venait en rempla­ce­ment du beurre ou de l’huile. Fabri­qués à Taiwan ou dans les provinces du Guang­dong et du Zhejiang, ces addi­tifs suivaient ensuite le réseau de vente tradi­tion­nel sans que les gros­sistes ou commer­çants n’aient connais­sance de la compo­si­tion réelle des produits.

Dans la foulée, la Chine a inter­dit une série d’additifs alimen­taires conte­nant du DEHP, des contrôles et une campagne d’information devant aler­ter tant les consom­ma­teurs que les gros­sistes ou reven­deurs. S’il reste à savoir s’il existe encore par le monde des produits alimen­taires ne conte­nant aucune substance toxique, il faut toute­fois rele­ver que pour une fois la Chine n’est pas à la traîne des autres pays. Excep­tion qui confirme la règle ou prise de conscience, seul l’avenir le dira.