Contre­fa­çon : les ciga­rettes.

france 4 contrefacon cigaretteAlors que la presse occi­den­tale fait les gros titres de l’arrestation d’un dissi­dent, ces mêmes médias à la botte du gouver­ne­ment chinois occultent une actua­li­té bien plus impor­tante et scan­da­leuse.

Alors que ce scan­dale camou­flé concerne plus de 300 millions de Chinois, les médias n’ont que peu ou pas rela­té ce qui serait en droit de renver­ser ce gouver­ne­ment, prou­vant si l’en était besoin la condes­cen­dance qu’entretiennent certains médias avec ces diri­geants.
Heureu­se­ment pour l’opinion publique, Reflets de Chine est là pour vous infor­mer des actua­li­tés impor­tantes ayant trait à ce pays.
Ce gouver­ne­ment dicta­to­rial a en effet déci­dé d’augmenter le prix des ciga­rettes, ce qui consti­tue une des plus impor­tantes atteintes aux droits de l’homme que ce pays ait connu. Cette déci­sion va porter le prix de mon paquet de ciga­rettes de 7.5 RMB à 9.5 RMB, ce qui est tota­le­ment honteux.
Sous le couvert de lutter contre le taba­gisme, le gouver­ne­ment devrait empo­cher la coquette somme de 3 milliards d’euros, qui je l’espère servi­ra à faire des routes goudron­nées et non cimen­tées, en recon­nais­sance des géné­reux dona­teurs.
Blague à part, il est plus que sûr que cette augmen­ta­tion va donner un coup de fouet aux affaires des manu­fac­tu­riers clan­des­tins qui alimentent gran­de­ment tant le marché natio­nal qu’international.
D’après une étude, 99 % des ciga­rettes de marques étran­gères vendues en Chine seraient issues de la contre­bande alimen­tée par plusieurs réseaux dont les plus impor­tants se situent à Hong Kong. En ce qui concerne les ciga­rettes chinoises, les études montrent que 20 % des produits vendus sur le marché natio­nal provien­draient de la contre­fa­çon ; 90 milliards de ciga­rettes sont contre­faites et fabri­quées en Chine pour être distri­buées à travers le monde sous des marques diffé­rentes.
Un tabac d’origine chinoise va donc se retrou­ver sous la forme de ciga­rettes à l’appellation bien plus connues chez nous, les préfé­rés étant les produits Phil­lip Morris, fabri­quant les Marl­bo­ro et autres.
La répar­ti­tion de la contre­fa­çon sur le terri­toire chinois se fait de façon diffé­rente et il appa­rait que les régions produc­trices de tabac sont les plus touchées par la contre­fa­çon, le taux de « fausses ciga­rettes » pouvant aller jusqu’à 40 % du total des produits vendus. Le manque à gagner est par consé­quent impor­tant pour les gouver­ne­ments de ces régions qui luttent de façon épiso­dique contre cette pratique. Les fabri­cants légaux pour leur part tentent bien de contrer les faus­saires en modi­fiant par exemple régu­liè­re­ment les embal­lages et en infor­mant les clients de ces chan­ge­ments, mais cela à un coût impor­tant et bien souvent les fumeurs regardent davan­tage leur porte-monnaie que les inscrip­tions sur les paquets.
Un ami qui travaille dans une manu­fac­ture de tabac du Guangxi me racon­tait l’histoire suivante :
Afin de dissua­der les contre­fac­teurs, la direc­tion décide d’apposer sur les paquets un système d’hologramme complexe, la commande est envoyée à l’imprimeur offi­ciel et la date de sortie des nouveaux paquets program­mée un mois plus tard. Au cours du mois, l’imprimerie est victime d’un incen­die qui endom­mage certaines machines et le projet du nouveau paquet est donc repor­té. Toute­fois et à la date prévue, des paquets de ciga­rettes pour­vues de l’hologramme étaient trou­vés chez un certain nombre de distri­bu­teurs, prou­vant qu’il exis­tait une fuite à la manu­fac­ture elle-même.
Il s’avère donc diffi­cile pour les auto­ri­tés de lutter contre des réseaux parfai­te­ment orga­ni­sés, infor­més et souvent fort bien équi­pés. De plus, la dissé­mi­na­tion des points de vente ne favo­rise pas les contrôles et la tenue d’un livre de stock fréquem­ment véri­fié ne permet pas de suivre avec effi­ca­ci­té les modes d’approvisionnements clan­des­tins, d’autant plus que comme dit plus haut, les consom­ma­teurs n’ont que faire de savoir si les produits sont authen­tiques ou non.
Si quelques saisies média­ti­sées tentent de faire peur aux contre­fac­teurs, ceux-ci sont bien souvent à l’abri derrière une toile d’araignée qu’est la distri­bu­tion qui s’alimente parfois majo­ri­tai­re­ment de façon illé­gale.
La Chine est ainsi faite de ces ques­tions qui sont souvent très loin d’avoir une réponse.