Condam­né à mort par son patron

Parmi les problè­mes majeurs restants à résou­dre en Chine figu­re l’assurance couvrant les frais de santé. Si le nombre d’assurés est en nette haus­se, cette couver­tu­re est enco­re loin de concer­ner tous les Chinois du simple fait que cette obli­ga­tion est enco­re souvent contour­née par les employeurs. Sont parti­cu­liè­re­ment concer­nées les entre­pri­ses du bâti­ment qui emploient une bonne partie de tâche­rons. Ces ouvriers n’étant pas consi­dé­rés comme des sala­riés, l’employeur ne verse aucu­ne coti­sa­tion. Du fait de salai­res modes­tes et d’une tradi­tion voulant que famil­le et amis proches vien­nent finan­ciè­re­ment en aide à un membre du cercle en cas d’accident ou de mala­die, très peu de ces person­nes contrac­tent une assu­ran­ce privée malgré des factu­res attei­gnant souvent des montants très élevés.

D’autres sont sala­riés, mais dans bien des cas l’employeur préfè­re payer de sa poche les éven­tuels frais d’hospitalisation faisant suite à un acci­dent du travail plutôt que de payer les coti­sa­tions. Tel est le cas de ce maçon travaillant pour une entre­pri­se du bâti­ment basée dans le Shaan­xi. Il y a quel­ques jours, il tombe d’un écha­fau­da­ge et doit être hospi­ta­li­sé. Son patron rejoint la famil­le à l’hôpital et lui assu­re qu’il prend en char­ge la tota­li­té des soins. Dans la jour­née, les résul­tats des prises de sang font appa­raî­tre un état leucé­mi­que, cause d’un malai­se et donc de la chute.

Le patron de l’entreprise mis au courant annon­ce alors à la famil­le que les problè­mes de santé de son ouvrier n’ayant aucun lien avec son travail, il est hors de ques­tion qu’il paye les frais d’hospitalisation. Après une semai­ne passée à l’hôpital, sa famil­le paye le montant de la factu­re en ne pouvant finan­cer la suite du trai­te­ment. La femme du maçon tente alors de convain­cre le chef d’entreprise de l’aider finan­ciè­re­ment, mais celui-ci refu­se avec pour argu­ment que l’état de santé de son ex-employé n’a rien à avoir avec son acti­vi­té.

Sans trai­te­ment l’espérance de vie du maçon n’est que de quel­ques mois, ce qui a inci­té le couple à deman­der conseil à un avocat. Celui-ci n’a lais­sé que peu d’espoir en expli­quant qu’il serait diffi­ci­le et surtout long de convain­cre les juges que la mala­die du mari est direc­te­ment liée à l’activité profes­sion­nel­le et donc de la respon­sa­bi­li­té de l’employeur.

En déses­poir de cause, le couple s’est instal­lé devant l’entreprise en s’abritant d’une toile, ce qui ne semble pas influen­cer le chef d’entreprise, ce pas plus que les auto­ri­tés loca­les.