Compé­ti­tion cycliste en Répu­blique Popu­laire de Chine ? Popu­laire, mais pas pour tout ! (1)

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Du 19 au 24 octobre avait lieu le premier tour cycliste du Guangxi. Le pelo­ton était consti­tué de dix-huit équipes, soit envi­ron 180 coureurs étran­gers, les cyclistes chinois se faisant encore rares au niveau profes­sion­nel. Pas de cara­vane publi­ci­taire à l’image de celle du tour de France, mais une cinquan­taine de BMW X1 dédiées à l’assistance, aux direc­teurs de course et invi­tés. Il faut ajou­ter l’incontournable héli­co­ptère civil équi­pée pour la retrans­mis­sion télévisée.

Une des étapes se dérou­lant sur un circuit dessi­né dans la ville de Nanning, je m’y suis rendu, ce même si je ne suis pas un assi­du de la petite reine. Mon inten­tion était bien plus de prendre quelques photos des coureurs que de rendre hommage à cette disci­pline, même si elle mérite le respect dû à tous les sports lorsqu’ils le restent.

Une orga­ni­sa­tion très (trop) chinoise

Une fois sur place, il appa­raît clai­re­ment que si la compé­ti­tion est offi­ciel­le­ment inscrite au calen­drier de l’UCI World Tour, elle est sous contrôle des auto­ri­tés chinoises. Si le nom offi­ciel du pays est Répu­blique Popu­laire de Chine, le terme de « Popu­laire » n’est pas toujours dans les habi­tudes des respon­sables locaux. Rien de surpre­nant me diront les spécia­listes de la Chine vue de loin ! Et bien si, juste­ment. Lors des grandes fêtes comme le festi­val d’automne ou du Nouvel An, les poli­ciers sont en effet aussi rares que les autres jours, soit quasi­ment invi­sibles. Les camé­ras de surveillance sont certes omni­pré­sentes, mais la présence physique de la police est sans aucun rapport avec celle que l’on trouve en France.

Dans le cas du tour cycliste du Guangxi, le paysage est très sensi­ble­ment diffé­rent. Pour ceux et celles ayant assis­té à une étape du Tour de France avec le public au plus près des coureurs, le contraste est équi­valent à celui du symbole du yin et du Yang. Tout d’abord, une aire physi­que­ment restreinte à quelques dizaines de m² limite les dépla­ce­ments à la sortie des accès de métro. Le plus « dur » reste à venir après avoir emprun­té les rues adja­centes sur plusieurs kilomètres.

Ici, impos­sible de se « poser » derrière la barrière à proxi­mi­té du passage des coureurs. Les barrières sont bien présentes en étant même multi­pliées dans le sens de la longueur, mais aussi et surtout de la profon­deur. La première est natu­relle puisque consti­tuée du terre-plein sépa­rant habi­tuel­le­ment le trafic des deux-roues de celui des auto­mo­biles. C’est cette dernière partie qu’emprunteront les coureurs, une moitié à l’aller et l’autre lors du retour du circuit de 32 km.

Bien que la partie réser­vée aux deux-roues soit logi­que­ment fermée à la circu­la­tion, pas ques­tion d’y prendre place. Son accès depuis le trot­toir est en effet impos­sible en raison de la présence d’une barrière. L’enjamber ? Impos­sible, un vigile béné­vole marquant chaque mètre. Même un enfant ou un adulte qui s’y appuie invo­lon­tai­re­ment est genti­ment prié de s’éloigner de quelques centi­mètres. Posi­tion­nés sur le terre-plein, soit à envi­ron 4 mètres du trot­toir, ce sont cette fois des poli­ciers qui veillent en respec­tant un espa­ce­ment de 2 mètres.

Après avoir ajou­té qu’un arrêt de bus se trouve à seule­ment à quelques mètres sur ma gauche et son frère jumeau à ma droite, la fenêtre de tir (photos) est pour le moins réduite.

Un seul point très rela­ti­ve­ment posi­tif pour moi, c’est que les deux barrières sont tota­le­ment hermé­tiques, pas un seul civil n’étant auto­ri­sé à les fran­chir, et ce quel que soit son titre ou ses rela­tions ou qu’il s’agisse de photo­graphes profes­sion­nels. Cette remarque peut paraître bizarre, mais il s’agit de la Chine, pays où les passe-droits font partie des grandes traditions. 

Les premières BMW X1 dont leur appa­ri­tion, indi­quant le passage immi­nent des coureurs. Je parviens diffi­ci­le­ment à prendre quelques photos au passage et… je m’en vais sans attendre le suivant, les condi­tions étant logi­que­ment iden­tiques, soit exécrables. Déçu ? Non, car pour l’être il est néces­saire de possé­der les divers éléments d’appréciation, et ce dans tous les domaines.

La justi­fi­ca­tion de ces mesures draco­niennes, je l’ai eu quelques temps plus tard. Vous l’aurez égale­ment, mais à l’occasion d’un nouvel article.

En quit­tant ce haut lieu tempo­raire du sport cycliste, j’ai pu consta­ter que tout le monde n’était pas inté­res­sé par le vélo, certains animaux ayant par exemple centres d’intérêt :