Chine, Taiwan, USA, il faut bien amuser la gale­rie

Chine, Taiwan, USA, il faut bien amuser la galerieDe manière très régu­lière, les médias mettent en avant tant les futures livrai­sons d’armes à Taiwan que les gesti­cu­la­tions de Pékin suite à ces annonces. Cette année encore nous avons eu droit à un déploie­ment d’hypocrisie suite à l’annonce de la livrai­son prochaine de 66 chas­seurs F16. La commande, pour peu qu’elle ait eu réel­le­ment lieu, a ensuite été annu­lée et est rempla­cée pour une moder­ni­sa­tion des « vieux » F15.

Il faut être tota­le­ment abru­ti ou forma­té (les deux ?) pour voir tant en ces éner­ve­ments de la part des diri­geants chinois qu’en ce qui concerne leurs causes une quel­conque dété­rio­ra­tion des rela­tions entre les deux côtés du détroit, et pas davan­tage en ce qui concerne les USA. Les liens entre les « deux Chine » n’ont en effet jamais été aussi étroits pour la simple raison que chacun a besoin de l’autre, les socié­tés taïwa­naises inves­tis­sant en masse sur le conti­nent, qui de son côté en tire égale­ment des béné­fices tant finan­ciers que poli­tiques.

Chacun joue donc son rôle, USA compris puisque ceux-ci ont égale­ment besoin du soutien finan­cier de la Chine que certains tentent de faire passer pour un enne­mi. Si un jour le conti­nent doit récu­pé­rer Taiwan, ce qui serait surpre­nant, cela se fera en douceur et « à l’insu de leur plein gré ». Les vieux cadres revan­chards du parti s’éliminant du fait de leur âge, Taiwan devient une occu­pa­tion de seconde zone pour une bonne partie de la popu­la­tion qui se moque tota­le­ment de ces agita­tions ayant pour objec­tif prin­ci­pal de soute­nir la réélec­tion de l’un ou de l’autre.

Même réduite à une moder­ni­sa­tion de l’actuel maté­riel, c’est une bonne nouvelle pour l’économie améri­caine qui dépend en partie des commandes liées à l’armement, et donc pour le deuxième mandat d’Obama. Pour l’équipe au pouvoir à Taiwan, cette commande confirme sa volon­té d’une indé­pen­dance face à la Chine sans pour cela trop se fâcher avec puisque l’annulation vient des USA et non de son propre fait.

Tout le monde est donc content, et ceux qui voyaient les prémices d’un conflit mondial sur les ruines d’un Taipei bombar­dé devront attendre encore un peu. Pour patien­ter, ils peuvent toujours aller faire un tour sur une des frégates vendues à Taiwan. Si celles-ci ont en effet rappor­té quelques commis­sions inté­res­santes à un petit nombre, ce sont les contri­buables fran­çais qui doivent en payer les amendes qui sont loin elles d’être aussi virtuelles que les agita­tions autour de ces ventes d’armes.