Chine contre Occi­dent : la partie de poker menteur conti­nue

idéologieAprès les aides de 1 et 3 millions de dollars versées respec­ti­ve­ment à la Tuni­sie et à l’Égypte, le gouver­ne­ment chinois envi­sage de venir en aide à la Lybie. Cette décla­ra­tion de la part d’un respon­sable chinois inter­vient après qu’Abdul-Ati al-Obeidi, ministre des Affaires étran­gères de Lybie, ait été reçu par son homo­logue chinois Yang Jiechi.

Le ballet diplo­ma­tique que met en place la Chine ne s’arrête pas là puisqu’une délé­ga­tion libyenne compo­sée d’opposants au régime actuel devrait se rendre à Pékin dans les tout prochains jours. En jouant ainsi sur les deux tableaux, la diplo­ma­tie chinoise compte être présente dans ce conflit sans pour cela s’associer avec l’option choi­sie par le grou­pe­ment d’intérêts écono­miques consti­tué de la France, de l’Angleterre et des USA.

Quelle que soit l’issue des combats oppo­sant Kadha­fi aux rebelles libyens, les auto­ri­tés chinoises espèrent retrou­ver la place qu’elle occu­pait dans ce pays et où étaient présents plus de 30 000 ressor­tis­sants chinois. Les idéo­lo­gies poli­tiques ayant bien moins de poids que par le passé et les « valeurs démo­cra­tiques » n’étant plus depuis long­temps qu’un simple prétexte à fina­li­té écono­mique, la Chine a trouve natu­rel­le­ment sa place dans le confit Libyen. En jouant les « Monsieur bons offices » elle pour­suit la poli­tique initiée il y a quelques années et qui vise à se posi­tion­ner en dehors des conflits armés tout en prenant une place de plus en plus incon­tes­table. Corée du Nord, Iran sont deux exemples où la Chine est inter­ve­nue au nom de la réso­lu­tion paci­fique des conflits, coupant ainsi l’herbe sous le pied de nations qui auraient préfé­ré inter­ve­nir mili­tai­re­ment.

Cette manière de fonc­tion­ner n’est bien évidem­ment pas du goût de certains qui préfèrent envoyer quelques bataillons se faire massa­crer, les chefs restant tradi­tion­nel­le­ment tant à l’arrière qu’à l’abri des mauvais coups. Ben Laden offi­ciel­le­ment et média­ti­que­ment mort, il fallait trou­ver dans le même temps quelque chose qui pour­rait le rempla­cer. Si la traî­née de poudre a été allu­mée depuis la Tuni­sie, le baril de poudre se trou­vait en Lybie où la Chine était sans doute trop présente, comme un peu partout en Afrique.

Faute de pouvoir trou­ver un argu­ment à une oppo­si­tion fron­tale, qui de plus comporte bien trop de risques, certains diri­geants ou lobbies indus­triels et finan­ciers semblent avoir opté pour un système visant à gêner le plus possible la Chine dans ses appro­vi­sion­ne­ments en matières premières. Les points d’instabilité étant plus nombreux, il devient dès lors plus diffi­cile pour la Chine d’asseoir sa poli­tique en Afrique. Ce système, s’il ne résout pas les problèmes internes des pays initia­teurs, permet de gagner un temps précieux en période préélec­to­rale et donne une certaine aura auprès des opinions publiques, ces diri­geants se présen­tant comme des libé­ra­teurs de peuples oppri­més.

Tout ce qui peut entra­ver l’ascension de la chine ayant un effet posi­tif sur ces mêmes opinions publiques à qui ce pays est présen­té comme la cause de leurs malheurs, les « respon­sables » poli­tiques font d’une pierre deux coups. Reste à savoir qui sorti­ra gagnant de cette nouvelle forme de guerre qui comme bien d’autres conflits modernes se fait par l’intermédiaire et au détri­ment de peuples pour lesquels ni l’un ni l’autre camp n’ont le moindre respect.