Chez Walmart ça sent le renard

renard_roux_5En Fran­ce, trois nour­ris­sons sont décé­dés suite à la conta­mi­na­tion des poches d’alimentation par une bacté­rie. En Chine, quatre bébés ont succom­bé après avoir été vacci­nés contre l’hépatite B. Aucun lien entre ces deux affai­res, les poches de perfu­sion prove­nant d’un labo­ra­toi­re fran­çais alors que les vaccins sont de fabri­ca­tion chinoi­se.

Il y a quel­ques semai­nes a été décou­vert en Fran­ce un trafic portant sur des chevaux utili­sés par des labo­ra­toi­res et ensui­te frau­du­leu­se­ment intro­duits dans les réseaux de vente desti­nés à la consom­ma­tion humai­ne. Si cette affai­re a été rapi­de­ment éclip­sée par les médias fran­çais, leur inté­rêt a été plus pous­sé pour un « Nouveau scan­da­le alimen­tai­re en Chine » comme certains l’ont titré.

On peut en dédui­re que malgré un impo­sant arse­nal de lois, un pays comme la Fran­ce fait parfois aussi mal qu’une Chine loin de dispo­ser des mêmes moyens finan­ciers et logis­ti­ques pour ce qui est des contrô­les sani­tai­res. Dans le cas de l’affaire ayant émous­tillé les médias hexa­go­naux, il s’agit de vian­de de renard venant rempla­cer celle d’âne dans certains plats prépa­rés. Comme pour les traces d’excréments humains conte­nus dans des tarte­let­tes Ikea impor­tées en Chine, ce sont des analy­ses faites par les servi­ces sani­tai­res locaux qui ont révé­lé cette anoma­lie, preu­ve dans les deux cas que tout ne fonc­tion­ne pas toujours mal.

Un autre aspect de cette histoi­re de renard met en lumiè­re le « talent » de certai­nes entre­pri­ses lorsqu’il s’agit de réali­ser de juteux béné­fi­ces, mais leur médio­cri­té en termes de connais­san­ce de l’environnement. Cela est d’autant plus vrai que dans ce cas précis il s’agit de Walmart, une socié­té améri­cai­ne plusieurs fois épin­glée pour des raisons simi­lai­res ou des étique­ta­ges « fantai­sis­tes ». Si cette frau­de trou­ve son origi­ne chez les four­nis­seurs, les « respon­sa­bles » chinois ou non des maga­sins auraient dû se montrer nette­ment plus profes­sion­nels. Depuis le temps que Walmart est en Chine, les gestion­nai­res des super­mar­chés devraient savoir que cette pério­de de l’année est parti­cu­liè­re­ment sensi­ble.

C’est en effet lors des mois froids que les éleva­ges de renard procè­dent à l’abattage d’une bonne partie de leur chep­tel. Si les four­ru­res trou­vent aisé­ment preneur, il en est tout autre­ment des centai­nes de tonnes de vian­de ayant le plus grand mal à être écou­lée. Le prix du kilo de vian­de d’âne étant large­ment supé­rieur à celui du renard, la tenta­tion est forte de se débar­ras­ser d’une partie du stock tout en géné­rant un inté­res­sant béné­fi­ce.

Nombreux sont les Chinois qui se méfient de certai­nes offres de vian­des en cette pério­de et il aurait dû en être de même pour les employés de Walmart char­gés des appro­vi­sion­ne­ments. Il est vrai qu’il est plus faci­le d’appliquer de confor­ta­bles marges sur des produits ache­tés au plus bas prix possi­ble que d’en contrô­ler l’origine, ce surtout lors­que l’aspect « sécu­ri­té alimen­tai­re » ne concer­ne que des Chinois. Bien évidem­ment et comme d’habitude, la chaî­ne de super­mar­chés fait porter la respon­sa­bi­li­té de cette frau­de sur ses four­nis­seurs en mettant de côté le vieux prover­be : « Les mauvais ouvriers ont toujours de mauvais outils».

Walmart s’est enga­gé à rembour­ser les clients, prou­vant ainsi son désir de conser­ver une clien­tè­le qui pour sa part commen­ce enfin à se rendre comp­te que l’erreur est humai­ne et pas seule­ment chinoi­se.