Cheveux longs : les jeunes chinois appellent au chan­ge­ment

Comme chaque année à pareille époque les établis­se­ments scolaires chinois sont le siège d’un semblant de reven­di­ca­tion sociale. Il ne s’agit pas ici d’une grogne émanant des ensei­gnants en raison de salaires jugés trop bas ou de classes surchar­gées, cette situa­tion étant celle courante depuis des décen­nies et qui n’est guère appe­lée à chan­ger à court ou moyen terme. Cette colère conte­nue touche en fait les élèves qui demandent que soit corri­gé un aspect règle­men­taire qui leur inter­dit les cheveux longs.

Contrai­re­ment à la vie quoti­dienne où les jeunes géné­ra­tions sont à la pointe de tout ce qui touche à la consom­ma­tion, celle liée à la scola­ri­sa­tion n’a quasi­ment pas évolué ce qui ne fait que creu­ser le fossé entre deux mondes que tout semble oppo­ser. Entre celui en perpé­tuel mouve­ment ryth­mé par le désir de moder­ni­ser le pays et celui semblant irré­mé­dia­ble­ment figé de l’enseignement, les jeunes Chinois se voient impo­sés un grand écart de plus en plus doulou­reux.

Si le portable a depuis long­temps fait son entrée dans les écoles, ce de manière ou non auto­ri­sée, il est bien plus diffi­cile de dissi­mu­ler une coupe de cheveux s’écartant de trop des normes impo­sées depuis bien long­temps. Une remarque à ce sujet de la part d’un profes­seur signi­fie que dès les cours termi­nés, le jeune homme doit se rendre dans un des nombreux salons de coif­fure afin de rede­ve­nir un stan­dard. En atten­dant son tour, il peut toujours feuille­ter les revues où les vedettes du show-biz affichent des cheveux sculp­tés tels des œuvres d’art, mais qui lui sont inter­dites en période scolaire.

Bien que la plupart des parents comprennent le désir de leur enfant à vouloir être plus en phase avec la socié­té actuelle, ils défendent toute­fois majo­ri­tai­re­ment cette tradi­tion avec comme argu­ment prin­ci­pal qu’eux-mêmes s’y sont pliée. Cette posi­tion pourra-t-elle tenue encore long­temps ? Sans doute que oui lorsque l’on sait que ces mêmes parents ne voient aucun incon­vé­nient à ce que les programmes scolaires soient à quelque chose près iden­tique depuis trente ans alors que l’environnement à lui bien chan­gé.