Cheval en Chine : une histoire plus certaine que l’avenir

FerghanaAprès un article sur la coif­fure, logique qu’un autre concerne les chevaux, ce même si cette intro­duc­tion est quelque peu tirée par les cheveux. Il sera de plus beau­coup ques­tion du cheval lors de l’année à venir puisque placée sous ce signe. Cet animal a gran­de­ment contri­bué à l’expansion de l’ethnie Han, ce tant lors des combats que pour le trans­port des marchan­dises. C’est sous cette dynas­tie des Han qu’a été intro­duit le Fergha­na équi­pant la cava­le­rie légère. Il s’agissait d’un cheval aux formes élégantes proche de celui deve­nu le trésor natio­nal du Turk­mé­nis­tan sous le nom de Fergha­na BMW.

guangxiL’histoire du cheval en Chine suit de près celle plus géné­rale du pays avec quelques hauts et de nombreux bas. La Chine ayant dû faire face à de chro­niques famines, le cheval a payé un lourd tribut en lais­sant provi­soi­re­ment de côté ses attri­bu­tions initiales de moyen de trans­port pour deve­nir une source d’alimentation. De nos jours, 68 % des chevaux vivent en Mongo­lie inté­rieure, les 32 % restants se répar­tis­sant en espèces adap­tées à la confor­ma­tion du terrain. C’est ainsi que dans le Yunnan, le Guangxi, le Sichuan et le Guiz­hou on trouve le Chuan­ma, une race de poney pouvant sans trop de mal esca­la­der les pentes monta­gneuses. Avec ses 114 cm, ce petit cheval est encore utili­sé de nos jours pour trans­por­ter divers maté­riaux à desti­na­tion des rizières, pour des travaux de voirie à flanc de colline ainsi que lors d’échanges commer­ciaux n’ayant rien d’officiel (contre­bande).

Le Bend que l’on trouve dans les régions du Sichuan, du Qinhai et du Gansu repré­sente 2% des chevaux chinois. Parfois croi­sé avec son compa­triote mongol, le Bend est un cheval lourd long­temps utili­sé pour les travaux agricoles.

tibetLe Hasa est avec 10 % du chep­tel natio­nal un cheval vivant dans le Xinjiang. Il s’agit là aussi d’un cheval de trait amélio­ré par quelques chro­mo­somes mongols et trou­vant son origine dans le Kaza­khs­tan. Comme d’autres chevaux, sa venue en Chine est rela­ti­ve­ment récente puisque date des années 50 et du repeu­ple­ment rendu possible grâce aux accords conclus avec l’ex-URSS.

Avec 2 % du total, le Kura­ma est le cheval du Tibet. D’autres espèces sont égale­ment présentes avec des origines et des noms variés. Shigatse, Nagqu, Cham­do, Yushu et bien d’autres appel­la­tions sont ainsi des animaux s’étant adap­tés aux condi­tions clima­tiques et géogra­phiques du Tibet et d’une partie des régions limi­trophes telle que le Qinghai.

bendSi l’on trouve dans certaines régions des chevaux dont les ascen­dants sont venus vivre en Chine durant l’invasion japo­naise, la contri­bu­tion exté­rieure majeure vient de l’ex-URSS. En 1950, la Chine ne compte presque plus de chevaux du fait des années de guerre civile et de l’invasion japo­naise. En 1952, ce sont plus de 1000 étalons prove­nant de 8 races distinctes qui sont dépla­cés vers la Chine. Au fil des croi­se­ments et des années, la Chine compte aujourd’hui 12 espèces de chevaux. Le dernier grand danger pour la race cheva­line date des années 80 où des centaines (milliers ?) de chevaux d’élevage sont morts par manque de nour­ri­ture et de trai­te­ments médi­caux. L’argent alloué à cet entre­tien ayant été détour­né par les respon­sables locaux, ce scan­dale s’est alors peu ébruité.

mongolieEn dehors de la Mongo­lie où il est encore large­ment élevé et utili­sé, la méca­ni­sa­tion de l’agriculture impose aux auto­ri­tés de trou­ver une utili­té à cet animal ayant par le passé rendu de grands services. Les loisirs et le tourisme se déve­lop­pant, le cheval peut dès lors trou­ver un emploi dans les parcs d’attractions et autres lieux de diver­tis­se­ments. Un handi­cap vient toute­fois frei­ner cette possible recon­ver­sion. Le cheval étant encore souvent asso­cié à l’agriculture et donc à la pauvre­té, les menta­li­tés devront consi­dé­ra­ble­ment évoluer avant de deve­nir autre chose qu’un simple animal tirant une char­rue ou une remorque. Un autre point néga­tif est le manque de vété­ri­naires spécia­li­sés et de médi­ca­ments dédiés. Les Chinois ne s’intéressant que depuis peu aux animaux de compa­gnie, le cheval devra sans doute attendre quelques années avant de retrou­ver une place dans la socié­té chinoise. Les Chinois pour­ront alors décou­vrir le plai­sir de se prome­ner dans la campagne en étant assis sur le dos de cet animal qui est sans doute après le chien le meilleur ami de l’homme ainsi que celui ayant long­temps été le plus utile.