Cherche iPhone 5 pour impor­ta­tion en Chine

En étant estam­pillé « Made in China », ache­ter un iPhone direc­te­ment dans son pays d’origine peut ressem­bler à une idée intel­li­gente. Ache­té à moitié du prix affi­ché sur l’Applestore fran­çais et expé­dié par un circuit paral­lèle permet­tant d’éviter les frais de douanes et la TVA, le doux rêveur se retrouve face à un embal­lage iden­tique à celui de l’original conte­nant tous les acces­soires et le précieux joyau. Après une rapide prise en main due à une supé­rio­ri­té innée dans le secteur de la haute tech­no­lo­gie, notre valeu­reux impor­ta­teur impro­vi­sé va rapi­de­ment se rendre compte qu’il s’agit d’une copie, qui si elle est exté­rieu­re­ment réus­sie est loin d’égaler les capa­ci­tés tech­niques du produit origi­nal.

En Chine un iPhone 5 de base (16GO) s’affiche en effet 8800 yuans, soit un peu plus de 1000 € sur le site zol.com.cn contre 679 € pour le même modèle vendu sur la boutique fran­çaise d’Apple. Si à ce prix c’est le chemin inverse qui serait inté­res­sant pour un ache­teur chinois, la raison prin­ci­pale tient au fait que bien que partis de la plate­forme logis­tique de Shenz­hen, ces produits sont taxés de la même manière que des produits impor­tés. La capi­tale tech­no­lo­gique étant en effet une zone franche d’exportation, ce qui en sort pour entrer sur ce qui fait pour­tant partie du pays est dès lors consi­dé­ré comme impor­té et donc soumis à taxa­tion.

Une autre raison vient de la poli­tique commer­ciale d’Apple, ce en Chine comme ailleurs. La socié­té à la pomme n’a jamais été répu­tée pour ses largesses en termes de marges béné­fi­ciaires à desti­na­tion de ses reven­deurs et impose de plus les prix de vente. Il n’y a ensuite aucun inté­rêt pour Apple de « casser les prix », ce surtout en Chine où se battre pour ache­ter un iPhone est deve­nu une tradi­tion. Apple ne pouvant répondre à la tota­li­té des commandes lors de la sortie d’un nouveau produit, ce malgré les cadences impo­sées aux employés de ses sous-traitants, il est nette­ment plus rentable d’en majo­rer sensi­ble­ment le prix.

L’iPhone étant un produit pouvant se défi­nir comme luxueux, au moins par son prix, la rare­té rela­tive entre­tient cette aura autour de la marque et donc la justi­fie auprès des ache­teurs poten­tiels. Si cette poli­tique commer­ciale est plus que valo­ri­sante pour Apple, elle l’est égale­ment pour les faus­saires qui ne manquent pas de très rapi­de­ment imiter le produit origi­nal. Instal­ler en effet une élec­tro­nique reve­nant à une centaine de yuans dans un appa­reil vendu 200 est nette­ment moins inté­res­sant que la même base, mais brico­lée pour l’installer dans une coque estam­pillée de la pomme.

Il faut toute­fois préci­ser que de véri­tables iPhone à « prix cassés » peuvent occa­sion­nel­le­ment se trou­ver en Chine. « Tombés du camion » ou prove­nant de la fuite de pièces déta­chées ensuite réas­sem­blées dans des ateliers de Shenz­hen, ces produits sont avant tout réser­vés à une clien­tèle de rela­tions ayant assez d’argent pour frimer, mais pas assez pour payer au prix fort un appa­reil dont ils n’ont en fait que peu l’utilité. Ces fuites plus ou moins nombreuses expliquent en partie que les employés de Foxconn sont étroi­te­ment enca­drés par des milices aux allures mili­taires, réduire au mini­mum le marché gris étant une prio­ri­té pour la pros­pé­ri­té des action­naires et une garan­tie pour les clients qui passent par le couteux réseau offi­ciel.