Cherche eunuque pour les prochaines présidentielles

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eunuqueRégu­liè­re­ment, la presse étran­gère, et en parti­cu­lier fran­çaise, se gausse sur les liai­sons plus ou moins amou­reuses des respon­sables poli­tiques chinois. Au nom de cette paille qui fait oublier les poutres que cette même presse dissi­mule au public sous le couvert hypo­crite du respect de la vie privée, la plupart des jour­na­listes font leurs besoins là et où il leur est deman­dé. L’envie est bien présente comme le prouve la quan­ti­té d’articles publiés après la divul­ga­tion des photos de Closer, mais la liber­té de la presse se trouve limi­tée par les direc­tives des rédac­tions, un jour­na­liste n’étant qu’un sala­rié comme un autre.

Les chaines de télé­vi­sion ont en Chine comme ailleurs fait part des gali­pettes prési­den­tielles sur un ton amusé, preuve que la limite entre vie privée et publique n’est qu’un argu­ment de défense pour les inté­res­sés directs et leurs suites de forma­tés idéo­lo­giques. L’image de la France en est-elle pour autant alté­rée ? Non pour ceux qui ont assi­mi­lé que la carrière poli­tique est une manière comme une autre de réali­ser ses rêves ou d’assouvir ses pulsions. Croire qu’un respon­sable poli­tique parve­nu à un haut niveau se voit revê­tu d’une armure dissi­mu­lant une cein­ture de chas­te­té relève de la plai­san­te­rie. Si la fonc­tion crée l’organe, elle lui donne égale­ment bien plus d’occasions de s’exprimer.

Qu’il soit Fran­çais, Chinois, Améri­cain ou autre, un respon­sable poli­tique demeure un être humain, même certains reli­gieux ayant plus ou moins provi­soi­re­ment mis de côté leurs vœux de chas­te­té. Rien de tel n’étant n’inscrit dans les règles de conduite asso­ciées à la fonc­tion prési­den­tielle ou simple­ment poli­tique, les « repré­sen­tants du peuple » exploitent cet élément de la pano­plie leur donnant une allure supérieure.

On peut bien sûr arguer d’une exem­pla­ri­té qui ferait de ces hommes des eunuques devant exclu­si­ve­ment se consa­crer à leur métier. Cette caste de surhommes serait dès lors tota­le­ment insen­sible aux aspi­ra­tions d’un peuple qu’ils ont pour tâche de repré­sen­ter et de guider. Les rois avaient leurs maîtresses, les harems existent encore de nos jours, et à moins de croire en une supé­rio­ri­té des peuples où la « bonne conduite » est auto­ri­tai­re­ment impo­sée par la loi, les socié­tés dites modernes ne font pas excep­tion à un fonc­tion­ne­ment aussi ancien que la présence sur terre de l’être humain.

Dans l’histoire Hollande comme dans bien d’autres, c’est majo­ri­tai­re­ment l’hypocrisie qui guide les décla­ra­tions des uns et des autres. Le problème n’est pas que le Président ait une liai­son amou­reuse, ce d’autant plus que l’initiateur du mariage pour tous semble être un farouche oppo­sant à cette procé­dure, mais que ses esca­pades aient été divul­guées. À deux mois des élec­tions muni­ci­pales, cette révé­la­tion tombe à point nommé pour les hypo­crites de droite et au plus mauvais moment pour ceux de gauche. La cote de popu­la­ri­té de F. Hollande étant au plus bas, exploi­ter cette faille devient un argu­ment poli­tique dans lequel s’engouffrent ceux qui faute d’idées inno­vantes trouvent là matière à rebondir.

Le Président doit-il démis­sion­ner ? Bien sûr que oui et avec lui tous les ministres actuels ou passés, les dépu­tés, conseillers régio­naux et maires ayant « fauté ». Doivent égale­ment faire partie du lot les patrons ayant couché avec leur secré­taire (et l’inverse), les employés ayant eu des rela­tions sexuelles avec des collègues et plus géné­ra­le­ment toute personne ayant même une seule fois trom­pé son parte­naire que ce soit ou non dans le cadre du mariage. C’est alors sur la base de cette socié­té exem­plaire qu’il sera possible de donner des leçons, mais de quoi et à qui ?