C’est une Suzu­ki ? Non, une Uzuki

écartsDans un article précé­dent, je vous expli­quais comment étaient utili­sés les « vieux » capteurs numé­riques. Ce domaine n’est pas le seul en Chine à profi­ter d’une deuxième vie puisque les moto­cy­clettes sont égale­ment concer­nées. Ce sont dans leur immense majo­ri­té les petites cylin­drées (-175 cm3) qui béné­fi­cient d’estampillages du style Uzuki, Monda ou Yama­da, sans que ce soit pour autant des copies illé­gales.

Lorsqu’il s’agit de copies illi­cites, les faus­saires utilisent les noms d’origine et les séri­gra­phies exactes, alors que dans ce cas, plusieurs diffé­rences sont présentes. Les modèles dont il est ques­tion ici sont eux vendus dans des maga­sins ayant pignon sur rue et l’acheteur ne peut qu’être conscient de ce qu’il achète. Si les marques rappellent celles des construc­teurs connus, c’est pour la simple raison que les ensembles moteur-boîte sont fabri­qués soit sous licence, soit par les trois célèbres marques que sont Honda, Suzu­ki et Yama­ha. Dans la plupart des cas, il s’agit de moto­ri­sa­tions rela­ti­ve­ment anciennes, ce qui permet aux construc­teurs de renta­bi­li­ser des recherches toujours coûteuses ainsi que de budgé­ti­ser une partie des projets dont nous occi­den­taux héri­te­ront ensuite.

Passé la moto­ri­sa­tion qui ne subit que peu de chan­ge­ments si ce ne sont quelques adap­ta­tions sur les rapports de boîte, c’est le cadre et les autres éléments qui consti­tuent la moto qui va prove­nir des usines parfois 100 % chinoisent, mais égale­ment parfois en joint venture avec un des construc­teurs japo­nais. Dans ce cas, deux quali­tés de motos sorti­ront des chaînes de montage soit une arbo­rant la marque japo­naise et une autre moins chère sur laquelle sera collée une étiquette moins pres­ti­gieuse. Certains construc­teurs locaux accolent les deux noms, ce avec l’autorisation de son asso­cié, cette double déno­mi­na­tion ayant pour effet de rassu­rer le client.

En ce qui concerne les écarts de prix, ceux-ci peuvent se révé­ler assez impor­tants. Dans le cas d’un achat au plus bas prix, c’est la rigi­di­té du cadre, l’entraînement et certains aspects esthé­tiques qui se situent en dessous de ce que propose le construc­teur origi­nal, la ligne géné­rale même de l’engin étant à peu de choses près iden­tique. Géné­ra­le­ment, ces véhi­cules bas de gamme ne sont pas fait pour durer, et ce d’autant plus qu’ils sont souvent utili­sés par une clien­tèle rurale qui emprunte des voies de circu­la­tion réduites à leur plus simple expres­sion.

Cette manière de fonc­tion­ner permet tant aux clients d’accéder à des véhi­cules à bas prix, que pour les construc­teurs d’être présents sur des secteurs de prix que leur coût de revient ne leur permet­trait pas sans ce gref­fage de pièces exté­rieures. Il s’agit aussi indi­rec­te­ment de mettre en avant la quali­té de leurs propres fabri­ca­tions, celles-ci étant plus perfor­mantes et plus solides que les clones chinois.

Même si la quali­té et la fini­tion ne sont pas toujours au rendez-vous, les trois parties se retrouvent fina­le­ment gagnantes, les construc­teurs locaux pouvant ainsi répondre à la demande sans avoir besoin d’engager les énormes frais liés à l’élaboration d’un moteur. Ces copies de marques connues sont même expor­tées vers les pays voisins ou ceux d’Afrique, ce qui n’est encore là qu’une fausse concur­rence pour les construc­teurs origi­naux puisqu’ils retirent dans tous les cas une part de béné­fice.