Ces « merdes » chinoises, ce sont avant tout les nôtres

chineTout le monde a lu au moins une fois dans sa vie une critique sur la quali­té douteuse des produits fabri­qués en Chine. De là à croire qu’en France tout est au top, il suffit pour cela d’oublier les prothèses PIP ainsi que les centaines de plaintes dépo­sées pour malfa­çon auprès de la Entre l’étagère aux vis posées de travers et à la soli­di­té douteuse et l’iPhone ne lais­sant paraître la moindre erreur, la diffé­rence est énorme, ce malgré une origine commune. Il en est de même pour l’Audi qui fabri­quée en Chine ressemble comme une sœur au même modèle sorti des usines alle­mandes. C’est donc bien plus du côté ache­teur qu’il faut cher­cher la source de cette mauvaise répu­ta­tion régu­liè­re­ment entre­te­nue par des lobbies jour­na­lis­tiques ou autres utili­sant cette image à des fins écono­miques et poli­tiques. Ce mot d’acheteur ne concerne pas celui qui se trouve en bout de chaîne, mais les personnes char­gées de trou­ver et ensuite négo­cier les produits.

chinePartant du prin­cipe que les entre­prises chinoises sont comme d’autres capables de fabri­quer des produits de quali­té, comme expli­qué plus haut, c’est la plupart du temps cet ache­teur qui se révèle soit un inca­pable, soit un escroc et parfois les deux. Dans l’immense majo­ri­té des cas, les produits livrés corres­pondent à ce qui a été comman­dé. La bonne ou mauvaise quali­té de ceux-ci est donc connue de l’acheteur dont c’est logi­que­ment le métier. Un prix impo­sé à un trop bas niveau ne peut en effet permettre aux entre­prises chinoises de four­nir des marchan­dises d’un niveau seule­ment moyen. La quali­té des maté­riaux utili­sés ou la socié­té dans son ensemble est une ques­tion de choix de la part du donneur d’ordre qui en étant un profes­sion­nel doit s’assurer que les produits sont conformes à ses souhaits. Je vous rassure de suite, cette confor­mi­té est la plupart du temps au rendez-vous, la livrai­son corres­pon­dant à ce qui a été comman­dé. Le problème est que des produits allé­gés au maxi­mum, plus ou moins bien embal­lés pour gagner quelques kilos supplé­men­taires et un trans­port le moins cher possible ne peuvent donner qu’un résul­tat médiocre qui sera consta­té par l’acheteur final.

Toujours pour des raisons d’économie, le suivi de fabri­ca­tion est parfois des plus super­fi­ciel ou inexis­tant, ce qui équi­vaut à lais­ser construire une maison sans archi­tecte ou maitre d’œuvre. Ce que visent en effet avant tout ces mauvais ou profes­sion­nels amateurs, c’est la marge béné­fi­ciaire. Bien que pour­tant confor­table grâce à une main-d’œuvre bon marché, les béné­fices sont sensi­ble­ment augmen­tés en « grat­tant » sur tous les secteurs possibles, ce même aux dépens de la quali­té finale.

Cette mauvaise quali­té due à l’acheteur se trouve en grande partie dissi­mu­lée derrière le paravent « Made in China » dont l’image souvent néga­tive permet à ces personnes de faire n’importe quoi. La situa­tion est iden­tique lors d’une saie doua­nière de produits contre­faits, l’acheteur sachant la plupart du temps que ce qu’il a ache­té n’est pas un produit origi­nal. C’est pour­tant de la seule Chine dont il sera ques­tion dans la presse, le réel respon­sable conser­vant son anony­mat lors de la média­ti­sa­tion d’une affaire d’envergure.

chineLes diffi­cul­tés à trou­ver un emploi local, une certaine préten­tion à penser qu’avec son diplôme tout neuf, l’inexpérience n’est qu’un point de détail dans un pays d’un niveau infé­rieur, font qu’ils sont nombreux à venir en Chine en se disant spécia­listes en sour­cing. Il faut y ajou­ter les « indé­pen­dants » qui là encore forts d’un certain orgueil viennent s’alimenter en produits bon marché pour gagner quelques points de marge. Les entre­prises chinoises privi­lé­giant la durée en avan­ta­geant les clients fidèles, la petite commande semblant pour­tant peser lourd pour l’acheteur est souvent syno­nyme de décep­tion pour l’acheteur final qui une fois de plus aura face à lui l’argumentation univer­selle du « C’est fabri­qué en Chine ».

Si ces produits à la quali­té médiocre sont une réali­té, leur exis­tence même est en partie due à la mécon­nais­sance d’un métier qui va bien au-delà du simple fait d’arpenter les zones indus­trielles du pays. Il existe heureu­se­ment de vrais profes­sion­nels qui le sont deve­nus bien plus par l’expérience acquise que par quelques théo­rèmes figés appris dans une école de commerce. Si nous avons en France le terme « brico­leur du dimanche », ici ce sont les « brico­leurs de la Chine » qui sont pour une bonne part dans la mauvaise répu­ta­tion des produits chinois. Certains y résident, d’autres s’y déplacent à l’occasion, mais dans les deux cas sont à éviter, même si faire appel à un vrai profes­sion­nel revient de prime abord légè­re­ment plus cher.

C’est pour cela que ces « merdes » chinoises dont il est souvent ques­tion sont avant tout les nôtres, ce d’autant plus que les entre­prises expor­ta­trices sont pour près de la moitié gérées par des étran­gers.