Ces jeunes qui en bavent ou la poli­tique de l’autruche

stageTout forma­té plus ou moins âgé vous dira que les jeunes ne veulent pas travailler, que de toute façon ils ne savent rien faire et autres argu­ments du même style. Derrière cette géné­ra­li­sa­tion aussi crédible que les étran­gers volant le travail des fran­çais et qui ne concerne au mieux qu’une mino­ri­té, est volon­tai­re­ment cachée une forêt de jeunes arbres ne deman­dant qu’à apprendre sur le terrain ce que leur ensei­gne­ment ne leur a pas permis d’acquérir. Ces jeunes sont pour­tant la France de demain et deman­de­raient d’être mieux consi­dé­rés, ne serait-ce au pire qu’en pensant que ce sont eux qui paie­ront les retraites des plus âgés.

Faute de trou­ver un emploi, ce qui peut se comprendre dans certains cas du fait d’un manque méca­nique d’expérience, de nombreux jeunes ne peuvent qu’effectuer des stages censés leur donner une vue du terrain sur lequel ils devront évoluer. Norma­le­ment, ces périodes doivent être celles d’une forma­tion et il est logique qu’une entre­prise ne rému­nère pas une personne à qui elle dispense un ensei­gne­ment. Le problème est que dans de nombreux cas, ces stagiaires sont affec­tés à des postes de produc­tion et permettent ainsi à l’entreprise d’accroître sa renta­bi­li­té sans la moindre contre­par­tie. Certaines socié­tés sont même deve­nues des spécia­listes du person­nel gratuit, que ce soit en France ou à l’étranger et souvent en chine. Sans doute moins naïf ou élec­to­ra­liste que certains autres systèmes, les auto­ri­tés chinoises assi­milent depuis peu un stage à un contrat de travail et de ce fait impose à l’entreprise accueillant le ou les stagiaires de procé­der aux démarches permet­tant de les lais­ser entrer en Chine avec un visa Z (travail). Cet aspect devrait être évoqué lors de la rencontre entre les ministres fran­çais et chinois des Affaires étrangères.

En France, et comme pour d’autres aspects, c’est l’hypocrisie la plus totale. On recon­naît que le problème existe, mais les solu­tions se font attendre. Il y a bien eu une loi récente visant à mieux enca­drer les stages, mais visi­ble­ment ce texte est très loin de ce que ces jeunes dési­rant travailler attendent. Le témoi­gnage ci-dessous vient du Figa­ro étudiant, nette­ment plus inté­res­sant que son père ciblant les vieux cons forma­tés. J’ai trou­vé ce commen­taire parti­cu­liè­re­ment inté­res­sant, ce d’autant plus lorsque l’on sait que le même média dans sa version « adulte » criti­quait la présence de stagiaires rému­né­rés dans certaines entre­prises chinoises.

Il faut vivre le quoti­dien d’un jeune diplô­mé en recherche d’emploi.

Contrai­re­ment à l’Allemagne, par exemple, le recru­teur fran­çais s’attache à l’expérience et le stage effec­tué dans la forma­tion Master, même en École de Commerce, n’est pas suffi­sant pour les entre­prises. On ne consi­dère pas le poten­tiel que repré­sente ce jeune. Je comprends la démarche des entre­pre­neurs qui ont besoin de personnes opéra­tion­nelles immé­dia­te­ment, dans la conjonc­ture écono­mique actuelle et qui n’ont pas toujours le temps à consa­crer pour mettre le pied à l’étrier de ces jeunes diplômés.

Même réac­tion qu’il s’agisse de CDI ou de CDD.

Alors, plutôt que de « tour­ner en rond», les jeunes qui arrivent à l’issue de leur forma­tion et qui veulent travailler se tournent vers les stages qui leur permet­tront d’acquérir cette expé­rience et au moins de tenter de gagner quelques euros. Bien sûr, comme partout, des personnes malhon­nêtes vont exploi­ter la filière.

Voilà à quoi en est réduit la jeunesse actuel­le­ment, faute, entre autres raisons, d’avoir su garder les créa­teurs de richesse sur son terri­toire et d’attirer les inves­tis­seurs étrangers.

Autre solu­tion : quit­ter le terri­toire pour aller dans des pays dont les gouver­nants laissent les mains libres aux entre­pre­neurs et cessent de les noyer sous des contraintes admi­nis­tra­tives plétho­riques (merci au passage pour la dernière inven­tion : l’estimation de la péni­bi­li­té qui va deve­nir un carcan supplémentaire).

Le lien vers l’intégralité de cette triste réalité