Capi­ta­lisme contre capi­ta­lisme : le choc de deux mondes

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chocAprès l’implosion tout aussi program­mée que télé­gui­dée de l’ex-URSS, les USA se sont retrou­vés bien seuls sur leur montagne d’armements. Il y aurait bien eu la Chine, mais ce pays n’a aucune ambi­tion inter­na­tio­nale autre qu’économique et son gouver­ne­ment d’autre objec­tif que de se main­te­nir au pouvoir pour des raisons égale­ment finan­cières. En supplé­ment, la Chine a ache­té une bonne partie de la dette améri­caine et les diri­geants ont un besoin abso­lu de ce créan­cier pour main­te­nir le niveau de vie de la population.

Pour les USA et acces­soi­re­ment l’Europe, les conflits armés sont d’indispensables recettes budgé­taires. Sur les 100 premières entre­prises d’armement, 78 sont améri­caines ou euro­péennes et repré­sentent 92 % des armes vendues dans le monde pour un chiffre d’affaires de près de 400 milliards de dollars. Il s’agit par consé­quent de cibler les foyers d’instabilité, quitte à souf­fler sur les braises ou à les créer. Irak, Afgha­nis­tan, Libye, Syrie et certains pays afri­cains et arabes ont ainsi permis de remplir les carnets de commandes des lobbies de l’armement. Du fait du forma­tage d’une bonne partie des opinions publiques et de la main­mise des USA sur l’ONU et la Banque Mondiale, peu de voix se sont élevées pour dénon­cer l’hypocrisie de ce système dont la fina­li­té n’a rien d’humaniste malgré ce paravent dissi­mu­lant les usines à canon.

Certains de leur supé­rio­ri­té indé­trô­nable, ces pays capi­ta­listes ont fini par oublier l’existence de nations il est vrai long­temps asser­vies par eux ou d’autres. Le vide lais­sé par la dispa­ri­tion de l’URSS a beau­coup contri­bué à cette amné­sie collec­tive avec une oppo­si­tion aux réso­lu­tions télé­gui­dées de l’ONU se limi­tant à des gesti­cu­la­tions de prin­cipe. C’est ainsi que la France a par exemple remis à la Chine les plans des radars équi­pant les frégates vendues à Taiwan après les protes­ta­tions « éner­giques » de Pékin. Thales a ensuite vendu des radars à l’Irak, ce qui a valu aux USA d’en récu­pé­rer aisé­ment les fréquences au moment opportun.

Tout cela pour dire que depuis plus de 30 ans, les pays occi­den­taux jouent à la guerre entre gens du même monde. Les milliers de victimes civils et mili­taires ne sont que les soldats de plomb faisant partie de ce jeu ou certains gagnent beau­coup d’argent et d’autres perdent simple­ment la vie.

Dans ces conflits où les télé­com­mandes sont toujours tenues par les mêmes joueurs, il ne faut pas s’attendre à la moindre surprise dans la dési­gna­tion du gagnant. Les USA ont une telle maîtrise du jeu qu’ils ont inven­té que les pays s’étant joints à la partie n’ont qu’un rôle de faire-valoir. Ces derniers récu­pèrent les quelques miettes néces­saires pour entre­te­nir une fausse image d’indépendance vis-à-vis du meneur de jeu. Il suffit que les USA décident de mettre fin à la partie en raisons de risques supé­rieurs aux béné­fices envi­sa­gés pour que la meute des caniches toilet­tés se couche devant leur maître. Ainsi fonc­tionne le monde depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ce qui a fait oublier à un grand nombre que USA signi­fie United States of Améri­ca, ce qui sous-entend des limites tant géogra­phiques qu’en matière d’influence.

Mis en lumière lors du conflit syrien, le poids gran­dis­sant de la Russie semble venir bous­cu­ler cet ordre auto­ri­tai­re­ment établi. Si l’Occident semble enfin avoir trou­vé un enne­mi à la taille de ses ambi­tions, la partie est toute­fois loin d’être gagnée d’avance, ce contrai­re­ment aux conflits précé­dents. Que veulent Poutine et par effet colla­té­ral son allié chinois de plus en plus gour­mand ? Une part de ce gâteau jusqu’à présent seule­ment parta­gé par des membres du même cercle. Nouveau Monde capi­ta­liste contre ancien sera le sujet du prochain article.