Ben Laden a été « enter­ré en mer ». Le jeu des grosses ficelles conti­nue

enterrer en merBien que n’ayant rien à avoir avec la Chine, il est diffi­cile de ne pas reve­nir sur l’affaire Ben Laden. Que celui-ci soit mort il y a 2 jours ou plus ne change rien à la manière utili­sée par les diri­geants améri­cains succes­sifs qui prennent tant leur propre peuple que ceux des autres nations pour des idiots. Ces mêmes person­nages, pour­tant souvent enclins à donner des leçons de mora­li­té aux autres, semblent avoir été moulés dans une forme iden­tique qui met en lumière que Démo­crates ou Répu­bli­cains, ils se doivent d’obéir aux mêmes ordres ce qui en fait en réali­té un parti unique de pensée.

La version offi­cielle de l’assassinat de JF Kenne­dy en 1963, les armes de destruc­tion massive en Irak et l’empressement à se débar­ras­ser du suppo­sé corps de Ben Laden sont autant de marques de cet appren­tis­sage unique faisant que les plus hauts diri­geants d’un pays se procla­mant gendarme du monde ne sont en fait que des barbouzes au service d’intérêts qui leurs sont bien supé­rieurs. Sans aller en effet jusqu’à prome­ner la tête de Ben Laden dans les rues de New York, cette préci­pi­ta­tion tend à lais­ser penser qu’il s’agit encore là d’une de ces grosses ficelles de la part de ces offi­cines spécia­li­sées US. Après avoir coûté des milliers de vies et des milliards de dollars, l’affaire Ben Laden est close, la porte arbo­rant un écri­teau où est inscrit : « Circu­lez, il n’y a rien à voir ».

S’il est compré­hen­sible que les divers minis­tères concer­nés n’aient pas tenu à faire de la dépouille de l’ex-terroriste en chef un lieu de pèle­ri­nage, c’est vis-à-vis des victimes que cette manière d’agir est propre­ment scan­da­leuse. La mort de celui qui a été décla­ré comme étant à la base tant des atten­tats du 11 septembre que de l’intervention en Afgha­nis­tan ne valait visi­ble­ment pas plus qu’un vulgaire sac-poubelle dont on se débar­rasse en le jetant dans la mer d’Oman. C’est du moins de cette version dont il faudra se conten­ter, les médias tradi­tion­nels ne se posant du moins publi­que­ment aucune ques­tion, ce qui prouve là aussi un certain consen­sus à prendre les popu­la­tions pour des abru­tis.

Ce qui est certain, c’est que les diri­geants améri­cains ont tenu à tirer un trait sur cette affaire Ben Laden, celle-ci ayant de plus en plus de mal à justi­fier une présence mili­taire en Afgha­nis­tan et les dépenses qui lui sont liées. S’il était par consé­quent hors de ques­tion d’officialiser il y a quelques années la mort de l’ex-ennemi numé­ro 1, il deve­nait par contre urgent de le faire dispa­raître des objec­tifs politico-militaires pour raison de scru­tin élec­to­ral à venir.

Plus de Saddam Hussein, plus de Ben Laden, il va donc falloir trou­ver d’autres cibles, ce à quoi les lobbies finan­ciers améri­cains ont sans aucun doute déjà pensé, l’élimination plus que virtuelle du chef d’Al Qaida en étant une preuve.