Assu­rances sociales : la Chine a presque tout d’une grande

Assurances sociales : la Chine a presque tout d'une grandeLa présen­ta­tion stan­dar­di­sée de la Chine faite par des gens n’y ayant jamais mis les pieds, ce même si certains disent y vivre, se résume le plus souvent à une cari­ca­ture. Un portrait de Mao, des images bien choi­sies dans la biblio­thèque de quelques pigistes et le tour est joué. Marte­lés à longueur d’année, ces clichés finissent par forma­ter l’esprit le plus solide sans parler de ceux dont les neurones sont en panne depuis qu’ils se sont abon­nés à quelques médias à voca­tion rassu­rante.

Sur le terrain la véri­té est toute autre et sans être un para­dis, la Chine est très loin de l’enfer, ce qui explique d’ailleurs que de nombreux expa­triés s’y trouvent bien. Pour une bonne partie d’entre eux ce n’est pas le salaire qui les fait rester puisque certains gagne­raient bien davan­tage dans leur pays d’origine, mais en raison d’une ambiance parti­cu­lière. Parmi les « inexac­ti­tudes » large­ment répan­dues est souvent évoquée l’absence de nos si chères (dans tous les sens du terme) assu­rances sociales. Comme dans n’importe quel pays ces dispo­si­tions n’ont pas toujours exis­té, la Chine essayant de rattra­per son retard en fonc­tion de moyens finan­ciers aussi divers que le sont les régions.

C’est en raison de ces diver­si­tés que ce pays 21 fois grand comme la France ne peut évoluer à la même vitesse, les régions côtières ayant de tout temps une longueur d’avance sur celles de l’intérieur du pays. Si les assu­rances retraite et santé sont en passe de se géné­ra­li­ser, le montant des pres­ta­tions est marqué par d’importants écarts liés au niveau de vie. Il en est de même pour les salaires mini­mums, ceux-ci variant d’une région à l’autre avec des diffé­rences notables à l’intérieur d’une même divi­sion admi­nis­tra­tive suivant que l’emploi se situe en ville ou en milieu rural.

Il en est ainsi de l’assurance-chômage qui si elle ne varie guère dans ses règles de base, connaît de fortes varia­tions en ce qui concerne les allo­ca­tions versées. Cette loi instau­rée en 1986 permet à toute personne privée d’emploi de rece­voir une indem­ni­té sous certaines réserves. Les coti­sa­tions sont de 2% pour l’employeur et de 1% pour l’employé qui doit être couvert par un contrat de travail. Les verse­ments mensuels sont ensuite calcu­lés sur la base du salaire moyen prati­qué dans chaque district ou chaque ville en variant de 70 à 80 % de cette moyenne. La durée d’indemnisation varie quant à elle en fonc­tion du temps pendant lequel l’emploi a été occu­pé. Elle est de 12 mois pour un sala­rié ayant travaillé de un à cinq ans dans la même entre­prise, de 18 mois pour ceux employés de cinq à dix ans et de 24 mois pour ceux ayant dépas­sé les dix ans de présence. S’ajoute à cette allo­ca­tion un mini­mum de rembour­se­ment des dépenses médi­cales et des éven­tuels frais d’obsèques.

Pour ressem­bler encore un peu plus à nos systèmes, la personne au chômage se doit de faire une décla­ra­tion auprès de l’équivalent chinois de Pôle-Emploi sans quoi il ne peut prétendre à toucher ses allo­ca­tions. Si le cadre est donc de plus en plus présent, une barrière est encore trop souvent la réti­cence de nombreux employeurs à signer un contrat de travail. Bien que cette démarche soit impo­sée par la loi, les obli­ga­tions ne sont pas encore dans les habi­tudes des Chinois et encore moins de la partie employeurs.

La prochaine étape de cette évolu­tion sociale devrait être l’instauration d’une assurance-maternité, le projet devant être mis en place au début de l’année prochaine en « mode pilote » dans certaines régions. Une fois ce volet mis en place la Chine aura tout d’une grande, le plus diffi­cile restant toute­fois à faire. Entre les bonnes inten­tions et leur mise en appli­ca­tion la diffé­rence est souvent assez impor­tante, chan­ger les menta­li­tés deman­dant bien plus de temps que de rédi­ger un texte de loi.