Arabie Saou­dite : mini-Chine, mais elle fait le maxi­mum

Vous avez au moins une fois enten­du parler de Liu Xiao­bo, prix Nobel de la paix et dissi­dent chinois condam­né à 13 ans de prison pour tenta­tive de subver­sion de l’État. Moins connu est Moha­med al-Qahtani, condam­né en mars dernier à 11 ans de prison et 10 d’interdiction de quit­ter le terri­toire pour des faits proches de ceux ayant fait une vedette de Liu Xiabao.

arabie-saouditeIl faut dire que nos « Ayrault » natio­naux et leurs servi­teurs de la presse se montrent nette­ment moins critiques envers ce pays qu’est l’Arabie Saou­dite que lorsqu’il s’agit de la Chine. Si certains avaient encore un doute sur les aspects pure­ment écono­miques de l’ambiance anti­chi­noise entre­te­nue par les médias fran­çais, le pays du roi Abdal­lah en est un excellent exemple. Ici, la police reli­gieuse remplace celle poli­tique, la lapi­da­tion étant aussi courante que les centaines de coups de fouet. Trois mois de prison pour avoir signé une péti­tion, la Chine fait pâle figure à côté de ce para­dis héris­sé de puits de pétrole. Concer­nant le sort des femmes, là encore la Chine a beau­coup à apprendre : « T’es violée ? T’es condam­née ».

Les dissi­dents au régime saou­dien seront heureux de lire dans le jour­nal Le Monde (forma­té de la main gauche) la première phrase de l’article rela­tant la visite de Fran­çois Hollande dans leur pays : « Arri­vé dimanche en Arabie saou­dite pour une visite de deux jours domi­née par la pers­pec­tive de contrats commer­ciaux allé­chants, Fran­çois Hollande a évoqué avec le roi Abdal­lah les diffé­rents conflits en cours au Moyen-Orient, du Liban à la Syrie en passant par l’Iran et l’Égypte ». Rien ne devrait trou­bler cette entente cordiale entre deux amis, ce pas plus que pour les inves­tis­se­ments Qatar, pays où là aussi les droits de l’homme sont relé­gués au rang d’accessoire. C’est ainsi qu’un Qata­ri ache­tant un immeuble à Paris ou un vignoble borde­lais est une bonne chose alors que la situa­tion est toute autre lorsqu’il s’agit d’un Chinois (d’ailleurs Portu­gais rési­dant à Hong Kong) sauvant de la ruine un vieux château répu­té.

Qu’il s’agisse de la visite prési­den­tielle dans une des pires dicta­tures du monde ou de certains rachats de domaines aux six coins de l’hexagone par des personnes aux fortunes parfois criti­quables par leurs sources, la presse « libre et indé­pen­dante » fait ce qu’elle sait faire de mieux, soit le deux poids, deux mesures. Il est vrai que nos jour­na­leux se recon­ver­tissent depuis quelques jours dans le domaine culi­naire avec les quenelles pour spécia­li­té. Cuisine de gauche ou cuisine de droite, les diffé­rences sont imper­cep­tibles avec des cuisi­niers formés dans la même école ce qui ne pose aucun souci à une clien­tèle élec­to­rale souf­frant d’agueusie.

  • Atten­tion M. le Président, ça attache au fond de la casse­role !
  • Non, pas celles atta­chées derrière vous, devant !
  • Ah là, il est grand !